PS: à la recherche de l'opposition

Après 25 ans au pouvoir partout, il n’est pas simple pour le Parti Socialiste de trouver rapidement le bon tempo dans l’opposition et ce d’autant plus qu’il ne l’est "qu’" au fédéral, qu’il doit assumer les décisions passées, des économies de plus de 20 milliards ou une association au pouvoir avec les libéraux pendant 15 ans.

Sparadrap

Symbole de l’heure : l’exclusion de près de 50 000 chômeurs des allocations d’insertion. Cette mesure, prise en décembre 2011, colle depuis au PS comme le sparadrap du capitaine Haddock. Il se trouve toujours quelqu’un pour lui rappeler. Pourtant, la FGTB avait très tôt tiré le signal d’alarme mais sous le gouvernement Di Rupo, après 541 jours de crise politique, il n’était pas question de revoir la moindre virgule de l’accord de gouvernement. Les libéraux, singulièrement l’Open-VLD, en faisaient une question de principe.

A présent, Elio Di Rupo entend prendre définitivement ses distances avec ce dossier qui a sans doute plombé la campagne du PS et offert généreusement des arguments au PTB. Et de rappeler que cette décision était aussi celle de Charles Michel, président-négociateur du MR à l’époque.

Le PS demande la suppression de la mesure, parce qu’ "elle n’a pas l’effet escompté"… ce que beaucoup avait pourtant expliqué au Parti Socialiste au moment où ses députés votaient cette loi, le doigt sur la couture du pantalon.

Contre-modèle

Or si le PS est désormais dans l’opposition au fédéral, il reste bel et bien aux manettes dans les régions et à la communauté. Dans la nouvelle rhétorique socialiste, il convient désormais de confronter les actions du fédéral à celles de la Wallonie, de Bruxelles ou de la fédération. Au fédéral, selon le PS, on fait des cadeaux aux patrons, on réduit les prestations sociales et à présent on ne revient pas sur les exclusions inhumaines du chômage tandis que dans les entités fédérées on va créer "7300 places en crèche, 1700 places pour les personnes âgées, 30 000 places dans les écoles" ou un "contrat d’insertion" pour les jeunes chômeurs. A un modèle de droite, le PS entend opposer/proposer un modèle de (centre-)gauche. Un modèle soutenu par une majorité de francophones, à la différence de la politique fédérale.

Pas sûr par contre, que cela chagrine beaucoup la N-VA…

 

Philippe Walkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK