Pourquoi Charles Michel est sur un petit nuage bleu

Charles Michel longuement applaudi par sa majorité à la chambre. Pas de nouvelles grandes réformes annoncées, plutôt un cap ... solidement réaffirmé. Avec le sentiment que pour le Premier Ministre, l’exercice devient de plus en plus facile.

C’est devenu une tradition. S’exprimer devant la chambre, le second mardi d’octobre, à l’occasion de la rentrée parlementaire. Le premier à l’avoir fait fut Jean-Luc Dehaene, au début des années nonante. L’occasion pour lui de faire le point sur les actions déjà entreprises et de dérouler le programme de l'année à venir. Dehaene s’inspirait de ce qui existe aux États-Unis, on a d’ailleurs parlé à l'époque d’un discours sur l'Etat de l’Union avant que l'expression discours de politique général ne s’impose progressivement. Ce discours est devenu un moyen pour les premiers ministres d’exprimer leur vision et d’assoir leur autorité. Cela a aussi parfois été le révélateur de leurs difficultés. Guy Verhofstadt par exemple, ou Charles Michel il y a un an, n’ont pas toujours pu prononcer leurs discours à la date voulue. Contrariés par des négociations budgétaires qui avaient pris du retard, il avait fallu retarder leurs interventions. Mais cette année rien de tout cela. Le premier ministre est bien à l’heure. Il donne l’impression d’un chef de gouvernement plutôt en forme.

Ce qu’on retiendra de ce discours, ce sont des piques et de l’emploi

Les piques pour commencer. Elles visent le syndicat socialiste CGSP et la journée de grève générale d’hier : " je veux remercier tous ceux qui sont allés travailler, (…) nous n’acceptons plus que des étudiants soient pris en otage " , avant d’annoncer son intention d’aller de l’avant vers un service minimum. Une autre pique pour ceux qui s’en prennent à Théo Francken : " les comparaisons qui sont trop souvent faites avec le nazisme et les génocides sont mauvaises pour la crédibilité de notre démocratie. " Une allusion au SAMU Social et aux affaires. Et puis effectivement le credo jobs jobs jobs. 130 000 emplois en trois ans. " Certains affirment que ce sont des emplois précaires mais c’est faux " a martelé le premier ministre.

Pourquoi la perception semble-t-elle aussi favorable ?

D’abord la réalité économique.. Les chiffres sont bons. Attention la croissance reste faible et on est loin d’un retour au plein emploi, mais les indicateurs vont dans le bon sens, c’est le meilleur des arguments. Ensuite il y a une forme de cohésion idéologique de. Le gouvernement a le cœur qui penche à droite. On est loin des coalitions " contre nature " qu’on a autrefois connues. À l’exception parfois du CD&V les partenaires sont d’accord sur la ligne de conduite, comme nous entamons le dernier tiers de la législature, ces partenaires entrent désormais dans une phase de stabilisation.

Enfin, le majorité fédérale profite des difficultés internes à l’opposition. Le PS qui s’interroge sur son leadership : es- ce Elio Di Rupo, à nouveau actif médiatiquement, Paul Magnette, Laurette Onkelinx ou Ahmed Laaouej, nouveau chef de groupe, qui incarne le rôle d'opposant en chef ? En tout cas hier à la chambre on était très loin de la bronca qui avait fortement perturbé les premières débats de la législature. Même si, d’un point de vue parlementaire, c’est le lendemain que l’opposition réplique. Concomitamment à ce qui se passe au fédéral, le changement de majorité en région wallonne donne des libéraux francophones requinqués et un premier ministre qui peut effectivement avoir le sentiment, que pour les prochains mois, et tant que la campagne des élections communales restera sous contrôle, pour lui, le ciel est assez bleu.

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