Pour Charles Michel, les emmerdes volent en escadrille

Pour Charles Michel, les emmerdes volent en escadrille
Pour Charles Michel, les emmerdes volent en escadrille - © Tous droits réservés

Ce Week-end les bleus espéraient se relancer avec leur congrès programmatique. Mais un lapsus de Charles Michel a un peu gâché la fête. Lors de son discours Charles Michel a qualifié de "National-socialisme" la menace qui pèse sur le pays si les nationalistes et les socialistes devaient gouverner ensemble. Face aux nombreuses réactions Charles Michel a parlé d’un lapsus. Dans la version écrite de son texte on peut lire "cocktail nationaliste-socialiste" et non pas "national socialiste". La version écrite affleurait le point Goodwin, la version orale l’a donc atteint. Mais tel n’était donc pas l’intention du premier ministre. Qui a dû passer du temps à rattraper sa petite phrase plutôt que d’évoquer les points forts de son programme.

Réactions outrées

Un point Godwin de la part d’un président de parti et premier ministre de surcroît c’est assez rare. La probabilité que cela déclenche une tempête de réactions était proche de 1. Et ça n’a pas loupé. Les deux partis visés ont réagi, au PS d’abord : Paul Magnette : “Quand on est à court d’arguments, il reste toujours l’injure” Elio di Rupo “Les propos de Charles Michel sont inqualifiables pour les millions de familles qui ont été victimes de l’Holocauste”. On notera au passage que le PS oublie qu'il ne s'est pas gêné de faire des rapprochements aux "heures les plus sombre de l'histoire". Les socialistes avaient été largement critiqués pour avoir parlé de "bruit de botte" à propos de Theo Francken en 2014. 

Du côté de la NVa Jan Jambon, que l’on dit resté proche de Charles Michel, dit ne pas comprendre et trouve ça décevant. Beaucoup de bruit pour un lapsus, un lapsus au moins révélateur d’une chose, Charles Michel est sous pression.

L'occasion de faire oublier les emmerdes

Il faut dire qu'il y a de quoi être sous pression. Ces deux dernières semaines ont été compliquées. C’est le moins que l’on puisse dire. Une dissidence droitière d’Alain Destexhe, la perte de la majorité à Namur, la menace d’une autre dissidence au centre de la part de Christine Defraigne, n'en jetez plus. Charles Michel peut penser à Jacques Chirac "Les emmerdes ça vole toujours en en escadrille".

L’idée était donc de casser cette logique en assénant le mot d’ordre des libéraux pour cette campagne, POSITIF!. Les mots les plus souvent cités dans le congrès : "positif", "optimiste", "possible".  Le mot "possible" est d'ailleurs au cœur du slogan de la campagne : “le MR c’est possible”. 

Le problème c’est que cette tentative de tourner la page à été un peu gâchée par ce lapsus. Il révèle une stratégie offensive de la part du MR. Or, dans un congrès programmatique, le but est de parler de son projet. Généralement dans ce genre de moment on évite les attaques. Elles gaspillent le temps médiatique. Du temps gaspillé à parler des autres plutôt que de soi. On verra d’ici aux vacances de Pâques si pour le MR les emmerdes continuent à voler en escadrille. 

 

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