Pottermore, un coup de baguette magique sur la littérature en ligne?

J.K. Rowling lors du lancement
J.K. Rowling lors du lancement - © Belga

Depuis quelques heures, la plateforme de diffusion des livres d’Harry Potter est en ligne. Elle pourrait bien révolutionner l’offre du livre numérique. L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

Ce pourrait bien être le coup de baguette magique qui va transformer l’édition numérique. La créatrice d’Harry Potter JK Rowling ne passe pas les plateformes de distribution existantes : elle lance son propre espace de téléchargement de tous les épisodes en version électronique, y compris audio. Compte tenu de la force de frappe de la saga, ça pourrait bien changer la donne. La version française du site est annoncée pour très bientôt.

Mais ce n’est pas tout. Sur la vidéo de présentation (elle est très réussie et sous-titrée en français) JK Rowling promet une expérience de lecture tout-à-fait unique sur ce site qui s’appelle Pottermore : ce seront les mêmes histoires, mais avec des innovations annoncées comme cruciales.

Vous le lecteur, on vous invite à entrer dans l’histoire. En donnant votre avis ou en soumettant vos textes originaux. Ici aussi, le pari est audacieux.

C’est un premier pas vers des œuvres littéraires enrichies par les lecteurs.

C’est en tout cas ce que permet l’interactivité et ce sera une expérience intéressante à suivre.

Cela dit, le numérique induit d’autres changements dans la manière de construire un roman. Le Telegraph britannique expliquait récemment que des auteurs s’arrangent dorénavant pour provoquer un rebondissement spectaculaire après 1 dixième du texte. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce qu’après la lecture de 10% du livre la mention suivante apparait sur Kindle, la liseuse d’Amazon : Fin de la partie en accès gratuit. Ça vous a plu ? Vous pouvez acheter cet ouvrage en cliquant ici. Cela dit Balzac faisait déjà la même chose lorsque les romans paraissaient en feuilleton dans la presse quotidienne.

Mais selon le magazine culturel américain The Atlantic, on pourrait aller encore beaucoup plus loin. Les tablettes et les liseuses fournissent des informations précises sur le comportement des lecteurs. Il est possible de déterminer à quel endroit ils ont éventuellement abandonné la lecture du livre. Si les éditeurs avaient accès à ces informations, ils pourraient par exemple constater qu’un nombre significatif de lecteurs décrochent au même moment. Ce qui ouvrirait la voie à une adaptation du livre de manière à le rendre plus attractif. Ici aussi un petit coup de baguette magique suffirait pour relancer les ventes…

Alain Gerlache

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