"Politiques en manque de contacts ch. boussole sur réseaux sociaux"

"Je me sens parfois un peu comme un escargot sans antenne, je ne plus très bien comment m’orienter". Cet aveu est signé Paul Magnette, le président du PS. Ne cherchez pas l’extrait dans un JT, une interview radio ou presse écrite, c’est sur le réseau social – appartenant à Amazon - Twitch que le Carolo s’est confié. Ne cherchez d’ailleurs pas la vidéo sur le Twitch du parti socialiste : celle-ci a disparu. Pas par volonté de censure du PS, non. Mais c’est comme ça que ça marche sur Twitch : certaines fonctions ne sont disponibles qu’après avoir atteint certains plafonds (nombre d’abonnés, de personnes présentes en simultané, etc.) Que les hommes et les femmes politiques admettent être "perdus" sans contact avec la population en raison de la situation sanitaire et de l’annulation de tous les évènements où ils et elles pouvaient rencontrer la population, explique le focus généralisé, tous partis confondus, vers une communication politique sur les réseaux sociaux.

Facebook, Twitter, Instagram, Twitch, TikTok, YouTube, Linkedin : aller à la rencontre des publics, c’était déjà un défi pour les partis. Avec la crise sanitaire qui dure depuis plus d’un an, c’est désormais une nécessité absolue, quand la kermesse, le marché annuel ou l’évènement du 1er mai est annulé. Pour garder le contact mais pas seulement : pour saisir les sentiments qui prédominent, pour faire remonter les préoccupations de la population. Pour convaincre aussi.

Chacun sa méthode : Paul Magnette répond aux questions des internautes sur Twitch, sans manquer de parler de politique française ou de bière. Georges-Louis Bouchez, tous les jours, twitte et retwitte de 7 heures du matin à minuit. Rajae Maouane fait des "lives" sur Instagram. Raoul Hedebouw poste des vidéos sponsorisées sur Facebook. Enfin, Elio Di Rupo a investi TikTok, dont la moyenne d’âge est très jeune. Et, à notre grande surprise, la popularité du ministre-président wallon sur TikTok est incroyable. Nulle part ailleurs vous ne trouverez autant de messages positifs, voire de l’amour pour une personnalité politique belge francophone.

Mais est-ce vraiment "politique" ? Vous l’entendrez dans ce neuvième épisode du podcast "Les Quatre Saisons", on peut penser que "faire" de la politique, "débattre" ne peut nécessairement se faire sur les réseaux sociaux. Qu’ils sont avant tout des caisses de résonance pour attirer un public qui n’est pas (assez) politisé. Et après le Covid-19, on verra ce qu’il en restera. Probablement un fossé entre génération : celles et ceux qui y sont nés dedans y resteront, les autres reviendront certainement à leurs bonnes vieilles habitudes.

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