Plan européen, fédéral, "Get up Wallonia !" : "C’était la dernière relance…"

40 ans déjà. "Ce sera dur mais les Wallons s’en sortiront." En 1981, Guy Spitaels est président du parti socialiste. Quelques mois plus tôt, alors vice-Premier ministre du gouvernement "national", il est à la manœuvre pour la création effective du parlement ("Conseil régional") wallon et du gouvernement ("l’Exécutif") wallon. Alors, oui, "ce sera dur mais les Wallons s’en sortiront".

40 ans plus tard, ça a été dur et les Wallons et Wallonnes ne s’en sont pas encore sortis. Et alors que la Wallonie, comme le reste du monde, traverse une période de très grande incertitude économique à cause du COVID-19, une manne d’argent frais va, une nouvelle fois, irriguer l’économie wallonne. Européen, fédéral, wallon, privé, la Wallonie n’a pas le choix : cette fois, ça doit marcher.

Une plongée dans 20 ans d’archives, à partir du lancement du "Contrat d’Avenir pour la Wallonie" par Elio Di Rupo, jusqu’à "Get Up Wallonia !", avec toujours le même Elio Di Rupo, c’est entendre beaucoup de volontarisme, mais pas beaucoup plus. Très peu, voire aucun bilan réel, chiffré, des millions puis des milliards injectés dans 7 plans ("Get Up Wallonia !" inclus) sur 20 ans, un plan quasi tous les 3 ans. Cette absence de bilan critique, au cours de toutes ces années, elle est dénoncée avec force par Kenneth Berthrams, historien de l’économie à l’ULB, dans l’entretien intégral à découvrir plus bas sur cette page.

Pas de bilan objectif, des changements réguliers, des réussites, mais surtout des chiffres qui montrent que la situation reste critique. Alors que la volonté d’origine (et qui demeure) de se rapprocher de la moyenne européenne en ce qui concerne le taux d’emploi, l’échec est ici patent. En 1999, la Wallonie était environ 10% en dessous de la moyenne européenne. 20 ans plus tard, le taux d’emploi wallon, en 2019, frôle les 65%, alors que la moyenne européenne a grimpé à quasi 74%.

N’oublions pas également le contexte institutionnel. A partir de 2025, une certaine partie de la solidarité nord sud va prendre fin, graduellement, sur dix ans, avec, en fin de parcours, un budget raboté de plus de 600 millions. Pas de quoi mettre la Wallonie en cale sèche, mais ce montant représente pas loin de 5% du budget wallon. Qu’il faudra trouver ailleurs, et de préférence grâce aux effets retour suite à la redynamisation du tissu économique wallon.

Pour parler de tout cela, nous avons invité notre éminent collègue de la cellule économique, Maxime Paquay. Et nous avons interrogé Kenneth Berthrams, historien de l’économie à l’ULB pour ce dixième épisode du podcast "Les Quatre Saisons".

Et pour faire le bilan complet des plans de soutien wallons, voici l'interview intégrale de Kenneth Berthrams, historien de l'économie à l'ULB

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