Photovoltaïque: vaine promesse et vraie couleuvre

Photovoltaïque: vaine promesse et vraie couleuvre
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On reparle du photovoltaïque dans la campagne électorale en Wallonie. Voilà bien un sujet de discorde que le monde entier nous envie. Car en plus des traditionnels clivages, campagne-ville, ouvrier-employé, homme-femme, pauvre-riche qu’on retrouve un peu partout, il y a chez nous une discorde bien ancrée entre les  “panneaux et les sans panneaux”.

Si vous mettez des “panneaux et des sans panneaux” ensemble dans une pièce fermée, et que vous leur demandez qui doit payer les surcoûts générés par l’utilisation du réseau et le soutien au photovoltaïque, vous êtes presque assuré d’une augmentation rapide du niveau de décibels.

Qu’est-ce qui a de neuf dans ce dossier?

On a appris hier que dans ce dossier, malgré la perte de la majorité, le MR et le cdH vont parvenir à un vote fin de semaine. Le vote d'un décret permettant de mettre en place un mécanisme qui est censé résoudre le problème de la bulle photovoltaïque. On parle donc de la dette créée par le subventionnement trop massif du système...un peu plus d’un milliard et demi d’euros.

Pour faire très simple, c’est un mécanisme qui permet d'étaler la dette, un peu comme un ménage surendetté…L’objectif est d’éviter l’augmentation brusque de la facture d’électricité. Avant les élections, cela aurait été un suicide politique.

Et si la majorité désormais minoritaire y arrive, c’est grâce à l’abstention de l’opposition, en particulier du PS, qui se dit que ce n'est pas plus mal si on peut liquider ce problème avant la prochaine législature. Le dossier est-il désormais presque clos? Pourquoi l’opposition offre-t-elle une victoire au ministre Jean-Luc Crucke ?

Victoire pour Jean-Luc Crucke ? 

Parce que sa victoire est en même temps une défaite. Les lois de la politique sont ainsi faites. Car oui Jean-Luc Crucke fait passer son mécanisme d'étalement mais par contre il a dû manger sa promesse faite aux détenteurs de panneaux, la promesse de les exonérer d’en moyenne 300 et 500 euros par an de “participation” à l’utilisation du réseau. C’est ce qu’on appelle le tarif prosumer, il a été mis en place pour rééquilibrer un peu le financement du réseau électrique.

Ce système a toujours été dénoncé par la puissante association “Touche pas à mes certificats verts” et dénoncé aussi par les ministres libéraux dont Jean-Luc Crucke.  

Il avait donc promis aux 150 000 ménages qui ont des panneaux que l’utilisation du réseau continuerait d’être payée par tous les autres, les “sans panneaux”. Ce qui avait réveillé pas mal de tensions et augmenté le niveau de décibels dans la pièce.

Des tensions et des effets d’aubaines aussi. La promesse a suscité une ruée sur les panneaux puisque l’annonce du ministre était une exonération pour toutes les systèmes installés avant juillet 2019.

Il n’y aura donc pas d’exonération, en tous cas pas avant les élections. Ce sera au nouveau gouvernement d’éventuellement en décider.

Jean-Luc Crucke ravale donc sa promesse, avale une belle couleuvre en même temps qu’il engrange une belle victoire puisqu’il restera peut-être comme celui qui a réglé définitivement le problème de la dette photovoltaïque. Quoique dans ce domaine, le terme “définitivement” doit sans doute être définitivement proscrit...

 

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