Petite expérience de démocratie parlementaire radicale

Petite expérience de démocratie parlementaire radicale
Petite expérience de démocratie parlementaire radicale - © Tous droits réservés

C'est une toute petite rentrée pour le gouvernement Michel. Il est doublement affaibli parce qu’il est minoritaire et en affaires courantes. Si tout s’était passé comme prévu, cette dernière ligne droite devait être celle de la récolte. Le gouvernement Michel devait avancer sur quelques grandes réformes (pensions, jobs deal) et surtout défendre son bilan en matière de création d’emplois, de tax shift. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Et donc c’est en mode mineur, en catimini, défait que ce gouvernement va passer les 5 prochains mois.

Un chemin de croix du Premier ministre?

Ce sera compliqué. Mais il n’est pas dit que lui et son parti en sortent perdants. Rappelez vous pourquoi on en est là. Charles Michel ne voulait plus être l’otage de la N-VA, c’est réussi il est désormais l’otage de son parlement. Puisque minoritaire et en affaires courantes, tout doit passer par le parlement et la négociation de majorité de circonstances. De son point de vue, mieux vaut ça qu’apparaître comme une marionnette de la N-VA. C’est plus confortable pour lui. Il aura l’occasion de négocier des dossiers avec les autres partis. C’est à dire tenter d'apparaître comme ouvert aux solutions, ouvert aux autres partis, d’être au centre du jeu. C’est déjà ce qu’il avait tenté de faire le jour de sa démission en recentrant son discours, en ouvrant large...sans succès.

Pas de cadeau

Le problème c'est qu'il n’y a pas de confiance entre les autres partis francophones et le MR. Ou très peu. On va observer comment ils vont réagir. Les principaux partis d'opposition (PS, Ecolo, cdH, PTB, sp.a, Groen, VB) vont tenter d’inverser la perception des choses. Plutôt que le Premier ministre, ils vont tenter de se placer au centre du jeu, d'apparaître comme des forces de propositions, de solutions et de placer les partis du gouvernement face à leurs responsabilités.

On va donc voir apparaître, d’ici la dissolution des chambres, un moment qui s’annonce assez intéressant.  Une petite expérience de démocratie parlementaire radicale. Une toute petite expérience. Soyons de bon compte. Car même si le parlement à les mains libre, le gouvernement est largement limité dans l'exécution des lois par le régime d'affaires courantes. 

Cela reste un test de maturité pour les partis. Car en campagne, un parti doit absolument se distinguer des autres et mettre en avant son ADN. Ce n'est pas le moment du compromis, ça c’est après. Avant les élections, un parti est dans l’ordre de la conviction, après l’élection dans l’ordre de la responsabilité. C’est surtout vrai pour les partis d’opposition. Or, le contexte fait que les partis vont être amenés à réaliser des compromis avant les élections. Avec un risque de brouiller leur message. Bref, on est dans l’inédit, les partis sont toujours dans un équilibre compliqué entre conviction et responsabilité, les deux grands pôles de l’action politique. Mais ici ça va être particulièrement difficile.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK