Périphérie : une sortie à contretemps

Périphérie : une sortie à contretemps
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Entre des mobilisations pour le climat et une grève générale, la N-VA se rappelle aux bons souvenirs des Francophones. Quand les nationalistes flamands fâchés eux toujours faire ainsi. Eux toujours provoquer les Francophones de la périphérie. C’est une très vieille habitude qui a permis à des Luc Van den Brande, Leo Peeters, Marino Keulen aujourd’hui Liesbeth Homans de se profiler comme les garants de l’unicité linguistique de la Région flamande. De se profiler comme le bouclier contre la tache d’huile francophone, contre les arrogants bourgeois fransquillons qui ne veulent pas se plier aux règles flamandes et demandent l’élargissement de Bruxelles. Or, les conflits linguistiques, les nationalistes les ont largement gagnés. Les derniers avatars de la fixation arbitraire de la frontière linguistique, Fourons et BHV, ont après beaucoup de tensions été solutionnés. Grâce à des compromis boiteux mais largement en soutenant la thèse flamande d’une région unilingue. 

Le filon linguistique est presque épuisé

C’est désormais un conflit de très basse intensité. Pour les nationalistes, le filon du conflit linguistique s’est dégonflé presque totalement grâce à la 6ème réforme de l’État. Il reste bien les circulaires Peeters et l’envoi des documents administratifs en français dans les communes à facilité. Mais le Conseil d’Etat, en assemblée générale (c’est à dire bilingue), a arrêté une position claire en 2014. Les Francophones ne doivent pas demander à chaque fois ces documents dans leur langue mais tous les quatre ans. Ce qui laisse la possibilité aux bourgmestres d’envoyer en français les convocations aux électeurs qui ont fait cette demande. Liesbeth Homans n’a que peu de chance d'obtenir gain de cause. C’est un baroud d’honneur pré-électoral.

Le réveil du lion? 

La sortie de Liesbeth Homans ne suscite pas beaucoup de réactions en Flandre. Elle n’a droit qu’à quelques filets dans les journaux ce matin. Au bout du compte l'affaire fait plus de bruit chez nous car les partis francophones sont obligés de réagir, d’en appeler au respect de la démocratie. Mais ils ne peuvent faire grand chose d'autre. Comme prévu dans la 6ème réforme de l’État, l’affaire se tranchera devant le Conseil d’Etat. Ceci montre  que la N-VA a des difficultés à imposer ses thèmes de campagne.  

Le linguistique est devenu un problème de niche et n'intéresse plus qu'un quarteron de militants de la première heure que la N-VA doit continuer à soigner. Mais depuis la scission de BHV, les divisions nord et sud ont trouvé d'autres racines. La tache d’huile francophone ne suscite plus comme autrefois la colère et l’angoisse des Flamands. Par contre, les angoisses de fin du monde et de fin du mois sont bien présentes et suscitent parfois la colère. La sortie de Liesbeth Homans est un contrepried de la N-VA. Un contrepied qui montre que le parti est parfois à contretemps.

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