Paul Magnette mise tout sur le VLD, Bart de Wever aussi

C’est un signe qui ne trompe pas, le président de la N-VA, Bart de Wever vient à nouveau de sortir les canons pour attaquer ses adversaires. C’est donc qu’il se passe quelque chose d’important. Une réunion a eu lieu ce week-end entre les 6 partis susceptibles de former un gouvernement arc-en-ciel (PS-SPA, MR-VLD, Ecolo-Groen). Une réunion sans la N-VA on l’a compris, mais c’est nouveau, sans le CD&V.

Une réunion de partis qui forment la plus petite majorité possible au parlement 76 sièges sur 150. Avec seulement un tiers des sièges en Flandre. Une Kamikaze inversée. Politiquement impossible sauf avec l’appoint plausible des 5 sièges du cdH. Paul Magnette a donc choisi de passer une étape supplémentaire, forcer l’Arc-en-ciel. Cette rencontre, censée rester secrète, est une première. C’est une forme de déclaration d’intention, puisque tous les partis autour de la table ont accepté d’en être. Ils ont accepté la composition, et ont accepté de discuter du menu.

C’est aussi un fameux pari pour Paul Magnette qui mise toute la réussite de sa mission sur le seul VLD et sa présidente Gwendolyn Rutten. Au Poker c’est un "all-in", un "tapis", le joueur n’a plus rien à parier. C’est très risqué. Si aujourd’hui le parti se divise, tout risque de capoter.

Enfin cette rencontre acte que le CD&V n’est, pour l’instant, pas en mesure de décider. Il est temporairement hors-jeu. Mais Paul Magnette espère qu’il se ressaisisse.

Réaction N-VA

Ce pari de Paul Magnette n’est bien sûr pas du tout du goût de Bart de Wever. Le président de la N-VA est donc à nouveau de sortie dans les médias. La N-VA est en pleine guerre de communication. La semaine passée il avait comparé la sortie du VLD de "Pearl Harbor". Bart de Wever enfonce le clou :

L’Open VLD est prêt à faire payer des milliards aux Flamands et à ouvrir le robinet de l’immigration. On a du mal à croire que la base de ce parti suivra sans réagir cette folie qui ne représente qu’un Flamand sur trois, donc une minorité dans la Région qui paie la majeure partie de l’addition. 

Bart de Wever cherche clairement à diviser le VLD, à susciter de la contestation en interne à propos de la ligne de Gwendolyn Rutten. La critique sert également d’intimidation au CD&V.

D’une manière plus générale ce discours s’inscrit dans une stratégie de victimisation. Bart de Wever doit absolument faire passer l’idée que la N-VA a été victime des partis francophones et du PS en particulier. Afin de rendre ce discours crédible, Bart de Wever doit éviter d’avoir l’air de mettre de l’huile sur le feu. Le président de la N-VA se dit donc prêt à prendre personnellement ses responsabilités pour tenter de former un gouvernement. C’est largement une position rhétorique. Et comme Paul Magnette lui aussi parie gros sur ce coup.

Car si la mission de Paul Magnette se conclut sur le constat d’une solution trop fragile sans la N-VA, le Palais pourrait alors prendre Bart De Wever au mot afin qu’il prouve qu’il peut faire mieux. Soyons clairs ce ne sera pas possible. Bart de Wever sait qu’il n’a aucune chance de réussir avec la configuration politique actuelle au sud du pays. Ce serait alors lui qui passerait pour le responsable des élections qui ne pourraient que se dessiner.

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