Pas de boom-boom à Boom

Le bras de fer autour de l’organisation du festival tomorrowland continue. Les bourgmestres des deux communes flamandes concernées s’opposent à l’organisation du plus célèbre festival de Belgique. Mais ils doivent faire face à une pression politique massive, Tomorrowland est un enjeu économique et politique majeur pour la Flandre.

Pour l’instant, pas de boom-boom à Boom cette année, Tomorrowland ce sera Neverland. Les bourgmestres des communes concernées s’y opposent. Raison avancée, l’organisation de la sécurité avec la dimension des contrôles sanitaires, sur fond de risque épidémiologique.

Plan pour la liberté

Pourtant Tomorrowland a fait l’objet d’un intense lobbying politique de la part du gouvernement flamand. Lors du Codeco consacré au déconfinement de l’été le 12 mai Jan Jambon, le ministre président flamand, suivi par les autres partis flamands avait particulièrement insisté pour autoriser les évènements avec 75.000 spectateurs à partir du 13 août. Insister aussi pour la mise en place d’un covid Ticket qui permette autant que possible d’éviter à ce festival très international de devenir un incubateur de tous les variants disponibles.

Le lobbying était tellement intense qu’il a surpris les participants francophones à cette réunion du 12 mai. Alors que le secteur de la culture était encore au pain sec et que les francophones avaient l’impression de prêcher dans le désert, le Premier ministre était sorti en personne sur la télé flamande pour soutenir l’organisation de Tomorowland. Il avait senti le vent tourner Alexander De Croo. Car ce week-end-là le Gouvernement flamand sortait son plan pour la liberté. Avec en point d’orgue le célèbre festival.

Car, Tomorrowland est un symbole. Un symbole de réussite économique et financière, une marque qui s’exporte et qui rapporte aussi. Selon une étude réalisée par le bureau d’études Idea citée par Het Laatste Nieuws, le manque à gagner c’est 1,8 million pour le Gouvernement flamand en garanties diverses et tenez-vous bien : 93 millions d’euros pour l’État en sécurité sociale, l’impôt sur les personnes physiques, l’impôt sur les sociétés et TVA. Un chiffre qui cadre avec un autre calcul réalisé en 2013 ou le festival avait rapporté 70 millions d’euros à l’économie flamande.

Pression

Le gouvernement flamand a organisé une réunion avec les bourgmestres, mais ils n’ont pas plié. Mais attendons, le lobbying n’est pas terminé. Ce qu’il faut comprendre c’est que ces deux bourgmestres sont N-VA, du même parti que le ministre-président flamand. Ils sont bourgmestre de Boom et de Rumst entre Malines et Anvers, des communes plutôt cossues, ou on apprécie d’organiser des compétitions de Hockey quand ce n’est pas tomorrowland, pas vraiment des révolutionnaires donc. Mais ces deux bourgmestres estiment ne pas pouvoir organiser la sécurité, en particulier faire appliquer les mesures sanitaires, le contrôle des pass par exemple.

Dans la réunion hier, Annelies Verlinden, la ministre de l’Intérieur a été convoquée par Jan Jambon. Elle a promis des renforts, mais rien n’y a fait, les bourgmestres ont dit non. Par contre, ils ont accepté d’analyser une éventuelle nouvelle demande, sur laquelle le Festival réfléchit, avec tout le soutien disponible des politiques flamands. Car même si Martin Garrix fait semblant de tourner des boutons, 100 millions d’euros de retombées ça fait réfléchir.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK