On n'est pas bien là ? Sans gouvernement ?

On est pas bien là? Sans gouvernement ?
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Jusqu’à quand la Belgique tiendra-t-elle sans gouvernement ? La question va de plus en plus se poser. Comme lors de la fameuse crise de 541 jours en 2010 où la pression des marchés ne cessait d’augmenter. Souvenez-vous du spread. C’est la différence entre le taux d’emprunt de l’Etat belge et celui de l’Allemagne qui sert de référence. Ce spread a progressivement augmenté durant les négociations ce qui a beaucoup joué dans la dramaturgie de la crise de 2010-2011. Mais pourtant avec le recul, on se rend compte que les dégâts économiques ont été très limités. Prenons les grands indicateurs, comme le PIB. En 2010, il augmente de 2.7%, de 1.8% en 2011, des niveaux qu’on n’a plus connu après avec le gouvernement Di Rupo ou le gouvernement Michel. L’inflation repart à la hausse en 2010 mais elle continue sur sa lancée depuis lors. Le chômage ? Il baisse assez rapidement ces deux années-là. C’est même un comble si on regarde bien les chiffres. 8,5% lors de l’élection de juin 2010, 7% en décembre 2011 lorsqu’Elio Di Rupo parvient enfin à former un gouvernement tripartite. C’est un vrai rebond après la crise de 2008 que vit le Belgique ces deux années-là. Par contre, la conjoncture étant ce qu’elle est, ce rebond va prendre fin à peu près au moment où le gouvernement se forme. La croissance et le marché de l’emploi n’ont jamais été aussi dynamiques depuis 2008 que lors de cette longue période de formation. De quoi sérieusement relativiser l’impact de l’absence de gouvernement sur la santé de l’économie.

On n’est pas bien là ? Décontractés ?

Pourtant, il y a de quoi s’inquiéter. Car si la Belgique a traversé les 541 jours sans trop de casse économique, c’est parce qu’il y avait un gouvernement en affaires courantes qui a largement dépassé ses prérogatives classiques. Des gouvernements régionaux étaient également à l’œuvre. On est même partis en guerre contre la Libye. On a découvert toute l’étendue de la notion d’élasticité des affaires courantes.

Or, la situation est bien différente aujourd’hui. Le gouvernement orange bleu est minoritaire depuis 177 jours maintenant. Et il l’est encore plus depuis une semaine. 38 sièges sur 150. C’est un gouvernement très faible, beaucoup plus faible qu’en 2010. Avec le Brexit qui se profile, les conséquences de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, cette faiblesse pourrait sérieusement nous handicaper. En cas de récession, ce qui est de l’ordre du probable, nous serons très exposés. Cela dit nous ne serons pas les seuls. L’Allemagne est en pleine tempête politique, ne parlons pas du Royaume-Uni ou de l’Italie.

Les lois de l’économie

À défaut de suivre le signal de l’électeur, les partis suivront le signal des marchés. Peut-être oui qu’une situation de récession, de crise économique fera bouger les lignes. Cela dit, notre principal souci n’est pas d’ordre économique mais démocratique. Car l’équipe sortante (orange bleue ou même la Suédoise avec la N-VA) a subi une déroute électorale et n’est plus légitime. La voir se maintenir des mois, voire des années serait un véritable camouflet à l’électeur. Or le problème, on y revient, c’est que l’électeur a envoyé des signaux contradictoires et quasiment inextricables aux politiques. Alors, le vide du pouvoir sera peut-être comblé pour éviter une déroute économique. On peut le supposer. Mais le vide démocratique, qui va le combler ?

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