Obsolescence programmée: faut-il légiférer?

Obsolescence programmée : faut-il légiférer ?
Obsolescence programmée : faut-il légiférer ? - © Tous droits réservés

Un smartphone plat , un lave-linge qui s'arrête au bout de quelques années, ou les composants d’un appareil devenus introuvables une fois qu’ils sont cassés. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée. Ce phénomène existe-t-il réellement ?

La question est cruciale pour le consommateur. Elle l’est aussi pour l’industriel. Une fois que le produit ne fonctionne plus, nous devrons probablement en acquérir un autre. Smartphone, lecteur de dvd, grille-pain, frigidaire, mais aussi la chaudière ou l’automobile, nous sommes entourés de produits dont la durée de vie est plus ou moins longue. Plus nous sommes à appeler à le remplacer souvent et meilleur c’est pour les entreprises. L’obsolescence programmée c’est l’idée que des produits seraient sciemment conçus pour avoir une durée de vie artificiellement limitée pour accélérer leur remplacement. Cela peut être la conception même, un smartphone dont on ne peut pas remplacer la batterie, alors qu’on sait que les batteries ont une durée de vie limitée, cela peut relever de la fabrication avec pièces dont la résistance est insuffisantes. Et depuis quelques années on va même plus loin avec, sur certains appareils, le soupçon qu’il existe des puces électroniques programmées pour, après un certain temps déclencher des pannes artificielles. Toutes ces techniques relèvent de l’obsolescence programmée.

Pas facile à prouver

Il y a une semaine en France, une plainte a ainsi été déposée contre les principaux fabricants d’imprimantes. L’association qui les attaque a constaté que les voyants des réservoirs d’encre passaient systématiquement au rouge trop tôt. Pour certains modèles cela bloque même l’impression, alors qu’en réalité il reste un quart ou un tiers de l’encre dans la cartouche. Comme par hasard il n’y a pas de cartouche générique, on est obligé d’acheter celle de la marque en question. Et comme par hasard le tarif est salé, le décilitre d’encre se vend plus cher que du Channel numéro 5. On soupçonne une entente entre fabricants, mais il n’y a à ce stade aucune preuve. Pour certains économistes le concept d’obsolescence programmée relève du mythe. Une société qui vendrait des produits moins résistants que ses concurrents risquent tout simplement de perdre son marché. On va donc suivre avec beaucoup d’attention l’enquête française, parce que s’il y a un jour une condamnation cela fera jurisprudence.

Le phénomène est-il récent ?

Pas tant que cela. L’idée est théorisée une première fois dans les années 1930. Aux États-Unis, on est en pleine récession, un agent immobilier, dans un livre estime que si l’économie américaine va mal c’est parce que le consommateur ne renouvelle pas assez souvent ses biens de consommation. Pour booster ce renouvèlement et servir l’économie, l’approche marketing est évidente : on créée le besoin, par les effets de mode ou par la publicité. Et il pourrait donc y avoir des moyens un peu moins honnêtes, comme l’obsolescence programmée. Pendant très longtemps cela n’a pas vraiment provoquer de débats. Mais la lutte contre le gaspillage ou la défense de l’environnement nous ont fait prendre conscience de l’absurdité du phénomène. En France l’enquête sur les fabriquants d’imprimantes s’appuie sur une loi qui date de 2015. Côté belge le ministre Peeters ne prévoit pas jusqu’à présent de sanctionner l’obsolescence. Il préfère favoriser la réparabilité des produits.

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