Nous avons enfin un ministre de la santé

Le gouvernement De Croo est entré dans le vif de son sujet avec des mesures fortes contre le virus. Pas mal de choses ont changé hier soir. Je ne sais pas si vous avez remarqué, nous avons enfin dans ce pays un ministre de la Santé. Un ministre de la Santé qui assume, et prend en charge son rôle de défense de la santé des Belges.

Maggie de Block était à ce point discréditée et ou démissionnaire qu’elle n’apparaissait presque plus dans la communication des décisions. Malheureusement elle n’apparaissait plus beaucoup non plus dans la prise de décisions.

El Profesor

Frank Vandenbroucke s’est tout de suite installé. C’est lui qui a pris le plus de place hier. Plus que Alexander De Croo et les ministres-présidents. Ce n’est que logique. On n’était plus habitué à avoir un ministre de la santé, il faudra s’y habituer. A son ton professoral, clair mais un brin cassant. "Trois plus un ça fait quatt, c’est clair ?" C’est un ton moins empathique que Sophie Wilmès. Mais il reste qu’avec cette présence il donne l’impression qu’une autorité s’est réinstallée rue de la loi.

Gouvernement De Croo : acte I

Ce n’est pas le premier acte de la scène. Mais c’est bien la première action. La première décision. Il est à noter que celle-ci s’est prise en comité de concertation et non plus comme avant en conseil national de sécurité. C’est l’organe le plus adéquat, les régions y sont pleinement responsables. Un autre changement concerne la maîtrise de la décision. Pas de fuites, pas d’ukases de la part de ministres ou d’experts qui décrédibilisent le processus.

Le politique semble avoir repris sa place. Marius Gilbert avait dit qu’il s’était senti abandonné par le politique à certains moments, ce qui a pu laisser comme impression que les experts avaient pris le pouvoir. Ici le rôle du politique est plus clairement affirmé.

Enfin troisième changement, la Belgique a un commissaire au Covid. Pedro Facon haut fonctionnaire au SPF santé. Le politique à repris les choses en mains. La question, maintenant c’est évidemment de voir s’il sait encore se servir de ses mains.

Retrouver l’adhésion

Acte I, seulement, parce que bien sûr. Le plus dur est à venir. D’abord ce duo Flamand, Vandenbrouke-Facon à intérêt à tenir compte des francophones. Car c’est chez nous que l’épidémie reprend de plus belle. Pourquoi ? Est-ce l’adhésion aux mesures qui est plus faible ? Possible. Est-ce que système de testing/tracing qui est défaillant ? Possible. Le Standaard explique qu’en Wallonie seul 30% des contacts qui devaient être appelé l’ont été ces derniers jours.

Autre problème de taille, le fameux baromètre qui doit nous permettre d’anticiper les conséquences de l’épidémie n’est toujours pas au point. Cela tiraille entre nord et sud sur les critères et leurs effets. Dans certaines versions du baromètre qui ont circulé, Bruxelles et la Wallonie auraient presque été en mode reconfinement et pas la Flandre.

Derrière les enjeux économiques et politiques de ce baromètre il y a surtout la nécessité de construire du consensus social autour des mesures. Susciter l’adhésion. Or, avec un Premier ministre flamand, un ministre de la santé flamand et en nommant un commissaire Covid flamand, le gouvernement prend le risque de ne pas être compris côté francophone, voire pire de prendre des mesures qui apparaissent comme punissant le sud et sauvegardant autant que possible le nord.

Frank Vandenbrouke a évité ça hier en annonçant des mesures sur tout le territoire. Et il faut éviter tout procès d’intention. Mais c’est un risque qu’ils doivent à tout prix éviter s’ils veulent réussir leur mission.
 

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