#notinmyname: le web, nouvel espace d'engagement ou militantisme "à la carte"?

Plus récemment, il y a eu cette action plus people lancée par notamment Carla Bruni et Valérie Trierweiler pour réclamer la libération des lycéennes enlevées par le groupe Boko Haram au Nigéria. Le hashtag #Bringbackourgirls, ramenez nos filles avait été vu un peu partout sur le net.

Et ces derniers jours, suite à l’assassinant de David Haines, c’est le mot-clé #notinmyname, #pasenmonnom qui a été popularisé par de jeunes musulmans britanniques sous l’égide d’une organisation caritative multiculturelle pour dénoncer les agissements du groupement terroriste " Etat Islamique ". Cette fois, il n’y a pas que des photos mais aussi des vidéos sous le titre " L’état islamique ne représente pas l’Islam ".

Cette prise de position n’est pas passée inaperçue. C’est ça qui fait aussi la force de ce genre d’opération : elle a été abondamment reprise par les médias. Et le Président des Etats-Unis Barack Obama lui-même l’a citée lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations-Unies.

Traduction : "Voyez ces jeunes musulmans britanniques qui ont réagi à cette propagande terroriste en lançant la campagne #notinmyname qui dénonce le faux Islam". Un hashtag mentionné à l’Onu, c’est sans doute une première. Et peut-être aussi la reconnaissance implicite que les messages des cybercitoyens est bien plus puissante et efficace que la communication officielle des gouvernements et des états.

Mais les terroristes utilisent aussi les réseaux sociaux. C’est précisément pour cela que cette action a été lancée. C’est en tout cas ce que son initiateur a expliqué au Huffington Post. Selon lui "Les jeunes musulmans britanniques en ont assez (…) de cette propagande haineuse (…) sur les ​​réseaux sociaux. Ils sont furieux de voir ces criminels utiliser ces plateformes pour radicaliser les jeunes et diffuser leurs discours violents au nom de l'Islam". Fin de citation. D’où cette réaction donc, pas en forme d’excuses, mais de condamnation.

Ca s’inscrit dans une évolution beaucoup plus large. Selon le Guardian les pétitions en ligne ont de plus en plus de succès. Il y a beaucoup plus de gens au Royaume-Unis qui signent des pétitions et s’engagent sur le web que de membres des partis politiques ou des syndicats. Ca s’inscrit dans la mutation sociale qui voit l’affiliation à des institutions s’effriter de plus en plus. Ce sont les " causes " comme on les appelle qui sont peut-être en train de les remplacer.

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