Nomination de Charles Michel : les camouflets de la paix

Nomination de Charles Michel : les camouflets de la paix
Nomination de Charles Michel : les camouflets de la paix - © Tous droits réservés

Les présidents francophones, excepté Olivier Maingain, n’ont pas félicité publiquement le départ de Charles Michel. Comme un dernier camouflet pour celui qui devrait pourtant rester encore président de parti pour encore quelques mois. Son départ annoncé peut être un nouveau départ pour son parti et peut être un nouveau départ dans les négociations des coalitions.

D’abord regardons l’état dans lequel se trouvent les négociations. Le MR en est exclu à Bruxelles, il est ostracisé en Wallonie. Il n’y a qu’au fédéral où on imagine mal qu’il n’en soit pas, mais le fédéral c’est la bouteille à encre pour l’instant. Quand le PS et Ecolo ont le choix, ils évitent le MR et son seul allié potentiel le cdH est aux abonnés absents. Et ça, c’est en bonne partie la conséquence des choix posés par Charles Michel. Aller au fédéral seul en 2014 surtout, mener une campagne très polarisante contre Ecolo. Charles Michel a brisé les codes politiques, il a aussi brisé les relations avec les autres partis, on a pu le mesurer hier.

Twitter, baromètre de la rancœur

À part donc Olivier Maingain pour DéFI, aucun président francophone n’a publiquement félicité le Premier ministre. C’est qui est une forme de camouflet collectif. Si on prend Twitter qui est devenu le passage obligé de ce genre de message, c’est assez marquant.

Elio Di Rupo a félicité Barack Obama le 28 juin. Rien depuis et rien pour Charles Michel.

Maxime Prévot a salué la mémoire de feu Armand De Decker, remis ses condoléances à la famille le 13 juin. Rien depuis et rien pour Charles Michel. Sauf à 16h, après que la polémique sur ce silence éclate, il réagit et annonce qu’il a félicité Charles Michel par sms et se demande en quoi Twitter devrait être un baromètre de la confiance entre présidents de parti. Bizarre puisque lui-même se sert souvent de Twitter pour envoyer des messages de félicitations ou de soutien. À la famille d’Armand De Decker ou à la ministre CD&V Hilde Crevits…

Les cas du PTB et d’Ecolo

Pas de fleurs du PTB on s’en doute mais une volée de bois vert, sur je cite :

Charles Michel devient président du Conseil européen. C’est ça l’Union européenne, vous êtes sanctionnés dans votre pays pour votre politique d’austérité antisociale, vous recevez une promotion à l’Europe de l’inégalité et de la concurrence.

Vient alors le cas d’Ecolo. Pas de félicitations mais un Tweet très controversé de Zakia Khattabi, qui a juste tweeté que la N-VA perdait son meilleur allié. La palme du camouflet revenant à Jean-Marc Nollet qui, au moment où l'on a appris la nomination, a ostensiblement envoyé deux tweets de félicitations. Mais à l’équipe féminine de basket et la capitaine du Sea Watch Carola Rackete.

Manque de classe ?

Est-ce que tout ça ne manque pas de classe, de hauteur de vue ? Si, bien sûr. Mais le problème est que du point de vue du PS, d’Ecolo du PTB et d’une partie du cdH, Charles Michel a aussi manqué de sens, de classe politique et de hauteur de vue. Ce n’est pas à nous de dire qui est le moins classe dans cette affaire. On ne peut que le constater que les rancœurs et les blessures sont profondes.

Pour toutes ces raisons, le départ de Charles Michel est donc un tournant. Si le MR le négocie bien, il peut redevenir un partenaire fréquentable pour les autres, même s’il faudra du temps. Ces camouflets, même s’ils sont rudes, sont peut-être bien aussi des camouflets de la paix entre les partis francophones et le MR.

 

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