N-VA : la Flandre et le pouvoir d'abord

N-VA : la Flandre et le pouvoir d'abord
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La N-VA est candidate au poste de Premier ministre. C’est un changement historique pour le parti flamand. Il faut mesurer ce que cette stratégie nouvelle implique de renoncements. 

Premier renoncement : Jan Jambon avait déclaré, il y a encore quelques mois, qu’un Premier ministre N-VA était une illusion. Il est aujourd’hui candidat Premier ministre. Comme quoi, la N-VA est prête à se dédire, à abandonner ses exclusives pour le pouvoir. C’est l’élément le plus spectaculaire. C’est même historique pour le nationalisme flamand. Que l’héritier de la Volksunie, l’aile politique du mouvement flamand, propose désormais clairement un candidat Premier ministre du royaume de Belgique, c’est une rupture. 

Deuxième renoncement : Bart De Wever avait promis de se sacrifier pour Anvers, le voilà candidat ministre-président flamand. Het Laatste Nieuws a le bon mot du jour:  "Anvers a élu un bourgmestre transmigrant", il n’a fait que passer. On voit bien que Bart De Wever affaiblit la crédibilité de sa parole politique. Du coup, il va tout faire pour ne pas laisser s’installer ce discours en répétant partout qu’il se sacrifie pour l’intérêt de la Flandre.

Autre conséquence de tout ça, il va devoir abandonner la présidence du parti s'il est élu. L’échiquier est donc bouleversé en Flandre.

Pourquoi la N-VA passe-t-elle à l'offensive? 

La réponse est à Anvers. À Anvers, Bart De Wever a été tout proche de l’opposition. Il a dû, pour se maintenir au pouvoir, négocier avec les socialistes et opérer un fameux 180 degrés. La N-VA pressent qu’elle pourrait être contournée au niveau flamand. Ce qui serait une catastrophe pour elle. La N-VA risque aussi d’être contournée au fédéral. Ce serait moins grave. Car la candidature de Jan Jambon cache le vrai choix de la N-VA : le repli stratégique sur la Flandre que Bart De Wever incarne. Ce repli stratégique était déjà à l'oeuvre dans la sortie de la N-VA du gouvernement fédéral. Le 16 rue de la Loi n'est qu'une option, ce n'est plus la priorité. 

La terre brûlée N-VA

La N-VA a pratiqué délibérément la stratégie de la terre brûlée au fédéral. Elle a brûlé son seul partenaire naturel côté francophone : le MR de Charles Michel. Elle aurait pu un moment espérer que le MR de Didier Reynders soit une alternative mais cela semble aujourd’hui très peu probable. Mais cette stratégie de la terre brûlée a aussi passablement énervé le CD&V qui semble prêt à contourner la N-VA dans des alliances avec les verts et les libéraux, pourquoi pas les socialistes y compris en Flandre. Valser dans l'opposition partout serait potentiellement mortel pour un parti de la taille de la N-VA. La seule manière de se maintenir au pouvoir désormais pour les nationalistes est le rapport de force. Ils doivent être incontournables, c’est une question de survie. Et pour survivre, Bart De Wever ne pouvait plus rester dans l’ombre.

Opportunisme 

Pour se maintenir au pouvoir en Flandre, on l'avait déjà observé après les communales à Anvers, la N-VA est beaucoup plus opportuniste, réaliste qu’elle ne le prétend. Toutes les exclusives, les matamoresques: "Jamais avec les socialistes", les exigences de confédéralisme ne valent que jusqu’au 26 mai. Le lendemain, la N-VA pourra y renoncer pour le pouvoir.

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