N-VA et Vlaams Belang : partenaires privilégiés

N-VA et Vlaams Belang, partenaires privilégiés
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Jan Jambon, le nouveau ministre-président flamand, N-VA, assume : il aurait préféré un gouvernement avec le Vlaams Belang. C’est ce qu’il a dit lors de la désormais traditionnelle leçon d’ouverture de la fac de sciences politiques à l’université de Gand.

L’affaire est désormais entendue : si le Vlaams Belang n’est pas au pouvoir c’est à cause des partis traditionnels qui n’en voulaient pas. Si la N-VA et Vlaams Belang avaient pu former une majorité à deux, ils l’auraient fait. Ce n’est pas juste une manière de se dédouaner auprès des électeurs du Belang. Il faut le prendre au mot.

Evolution du discours

Jusqu’ici la N-VA se contentait de remettre en cause le cordon sanitaire. Mais elle en profitait très cyniquement. Car, tout en critiquant le cordon, elle n’hésitait pas à dire que voter Vlaams Belang ne servait a rien, que ces voix étaient perdues. Ce qui freinait le nationalisme flamand. Bart De Wever considérait même, il y a encore quelques années, que le Vlaams Blok depuis sa création en 78 avait affaibli la cause nationaliste. C’était le discours quasi constant de la Volksunie et puis de la N-VA jusqu’à aujourd’hui.

Entre-temps, la N-VA a perdu un quart de ses voix entre 2014 et 2019. Comme les autres partis traditionnels flamands d’ailleurs. Le Belang en a profité et a cartonné. La stratégie du siphonnage de voix du Belang a donc échoué. Du coup, pour tenter de maintenir son statut de parti différent, en rupture, la N-VA a dû s’adapter. Le discours envers le Vlaams Belang change. Dès le soir des élections, à la suite de Bart de Wever, Jan Jambon commence à préparer le terrain :

On n’a jamais été un grand supporter du cordon sanitaire. Et ce soir, le nationalisme flamand obtient une grande victoire. Les deux partis nationalistes ont une grande majorité en Flandre

Précision, les nationalistes n’ont pas obtenu une grande majorité le 26 mai, mais presque. Le message est clair pour les autres partis flamands. Le VLD et CDenV, le SPa sont des seconds choix. Il faut considérer désormais que le Vlaams Belang et la N-VA sont des partenaires privilégiés. Ce rapport nouveau va peser d’ici aux prochaines élections en 2024 et peut-être plus tôt au fédéral. La possibilité d’une majorité nationaliste flamande devient le nouvel horizon de la politique belge.

Majorité nationaliste ?

Face a cette possibilité d’une majorité nationaliste, et donc d’une situation potentiellement explosive pour la stabilité de la Belgique, Jan Jambon s’est montré assez clair. De Standaard note d’ailleurs ce matin que ce sont les mots les plus importants de la conférence. Jan Jambon a dit :

A long terme, une Flandre indépendante est la solution, mais elle ne bénéficie pour l’instant d’aucun soutien.

C’est tout le paradoxe entre le vote nationaliste qui est au plus haut de son histoire récente. Et l’idée séparatiste qui elle est toujours largement minoritaire en Flandre.

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