MR-CDH : affaires de familles

MR-CDH : affaires de familles
MR-CDH : affaires de familles - © Tous droits réservés

La campagne du deuxième tour de la présidentielle du MR bat son plein. On reparle d’un rapprochement avec le cdH. C’est l’idée de Georges Louis Bouchez. Denis Ducarme estime lui que la question n’est pas à l’ordre du jour. Or, cette idée de mariage des libéraux et des sociaux-Chrétiens est une longue histoire. C’est une affaire de familles. Avec ses non-dits, ses trahisons, ses petits meurtres et surtout ses vengeances.

Episode 1 : Le complot de Gesves

Cette histoire ne commence pas dans un petit village de Sicile, mais dans un petit village de Wallonie. À Gesve, en province de Namur il y a 22 ans, en 1997. Dans le secret de l’hiver, Louis Michel et Charles Ferdinand Nothomb parlent. Les présidents du PRL et du PSC avancent sur un projet de fusion. En septembre, sur La Première Gérard Deprez, baron du PSC, avance en poisson pilote :

La Wallonie est une des terres les plus archaïquement socialiste du monde occidental. Je demande à mon parti d’avancer avec le PRL.

Mais l’opération capote, Charles Ferdinand Nothomb, recule, pas assez de soutien du parti. C’est là, dans cette opération manquée qu’il profite de la sortie solo de Deprez, son grand rival pour le trahir. Était-ce un piège ? On ne le saura jamais. En tout cas, Isolé, Deprez s’en ira au PRL. Le PSC va profondément se diviser, perdre les élections de 1999 et voir finalement le PRL le trahir pour le PS.

Bilan de l’opération, avec cette hésitation stratégique le PSC a tout perdu. Fin du premier épisode

Episode 2 : la vengeance

Après les élections de 1999, pour tenter d’oublier les divisions et la défaite du PSC, Joelle Milquet créée le cdH. Son idée ne plaît à pas à tout le monde. Le pari est risqué. C’est ce moment que Louis Michel, en grand fauve de la politique, choisit pour attaquer. Il lance une OPA hostile. En 2000 lors des élections communales commence une opération de débauchage. Des coups de fil sont passés par les libéraux aux candidats cdH pour proposer des places sur les listes électorales. L’homme de main, le fidèle, celui qui gère l’opération a Bruxelles S’appelle Daniel Ducarme :

J’ouvre un dialogue pour forger une formation politique qui représente véritablement les intérêts de Bruxelles et de la communauté Wallonie Bruxelles. Les contacts continuent.

L’homme qui mène l’opération c’est donc le père de Denis Ducarme, qui aujourd’hui s’oppose à Georges Louis Bouchez sur cette question.
Résultat ? Un échec. Car les débauchages ont été rares. Pire pour le MR, la violence de la méthode sert de ciment au cdH. Cela n’empêchera pas quelques années plus tard des personnalités comme Melchior Wathelet Jr de "réfléchir" avec des libéraux et des écologistes à la création d’une nouvelle formation du centre.

Episode 3 : le mariage ?

L’idée finira peut-être par s’imposer. Dans un paysage politique si atomisé, l’idée d’une restructuration à du sens. Mais jusqu’ici elle a surtout eu du sens pour les libéraux, moins pour les humanistes.

Le premier obstacle, c’est cette histoire d’amour contrarié. Des querelles de personnes, des questions d’honneur. Et puis, au-delà des personnes, il y a les idées. Entre libéraux et sociaux-chrétiens, il y a bien des convergences. Mais on minimise souvent les divergences. Le rapport a la société civile, le rapport à l’Etat est diamétralement opposé. Le rapprochement aura peut-être lieu un jour. Mais pour ça, il faudra ravaler plus que de la vengeance.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK