Elio Di Rupo en a (enfin) marre des parvenus

Oublier Stéphane Moreau
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C’est donc le grand nettoyage chez Nethys. Le conseil d’administration a démissionné et l’assemblée générale "décidera de procéder au remplacement immédiat du conseil d’administration et du management de Nethys". Cette décision tombe deux ans après le vote à l’unanimité de la commission d’enquête parlementaire qui prévoyait le remplacement du management de Nethys. Pourquoi seulement maintenant ? Pourquoi est-ce qu’il a fallu autant de temps ?

Comment se fait-il que les gouvernements PS-CDH puis MR-CDH n’aient pas fait preuve d’autorité avant ? Comment expliquer qu’ils aient accepté d’être ridiculisés par Stéphane Moreau, jusqu’à être sèchement battus dans les urnes ? La réponse se trouve aux confins de la psychiatrie, de la vénalité, de la particratie et des rapports complexes de Liège avec le reste de la Wallonie. 

La décision est d’autant plus étonnante qu’au fond, les faits révélés sont dans la droite ligne de ce qui se déroule depuis trois ans. Au bout du compte, tout continue comme avant. Le projet d’avoir une entreprise industrielle publique ancrée à Liège continue d’être dévoyé par des petits arrangements entre amis. L’entre-soi et l’opacité ont présidé à la création du groupe, ils président aussi à sa dislocation. Ce qui change, est ailleurs. Ce n’est pas de détonateur qui est nouveau, c’est le mélange explosif.

Nouveau gouvernement

La majorité PS-CDH qui était en place au début du scandale, a laissé sa place en 2017 a une majorité MR-CDH. C’est elle qui était aux manettes au moment de la cession des actifs et qui à fait avec. Elle à fait avec Stéphane Moreau et sa garde rapprochée. Ensuite il y a eu la sanction électorale, l’arrivée d’Ecolo au pouvoir depuis quelques semaines. Ecolo qui avec le PTB, les deux vainqueurs du scrutin, demandait depuis le début de faire le ménage.

Mais il y a autre chose. C’est ce qui s’est passé en coulisse au sein du PS. Ce n’est pas un hasard, dans une semaine, le PS va se choisir un nouveau président. C’est la fin de l’ère Di Rupo et le début de l’ère Magnette.

Révolution de palais au PS

Avant de partir, Elio Di Rupo tente enfin de solder les comptes dans cette affaire. Il l’a fait en nommant des exécutifs sans Jean Claude Marcourt, des gouvernements vierges de Publifin. Il l’a fait en forçant la main au PS Liégeois. Il le fait aujourd’hui en osant une décision ferme, brutale même, dont les risques industriels et juridiques sont évidents. Mais le risque politique l’est encore plus. Il est vital. L’affaire Publifin peut mettre le PS à terre.

Difficile de savoir ce qui pèse le plus. L’arrivée de Paul Magnette qui souhaite faire place nette ? Ou le départ d’Elio Di Rupo, qui a désormais les mains plus libres. Libre de sortir de la prudence, voire de l’attentisme dont il a fait preuve dans toutes ses affaires depuis la Carolo en 2005. Peut-être que maintenant qu’il n’a plus rien à perdre au PS, il peut enfin assumer sa phrase de 2005 : “j’en ai marre des parvenus, il n’y a pas de place pour les parvenus au PS”.

Cette phrase est l’objet de moqueries tant elle s’est avérée contraire aux faits depuis 14 ans. Yvan Mayeur avec le Samusocial, Moreau avec Publifin n’ont fait que démontrer la vanité de ces propos. Elio Di Rupo, n’a plus qu’un souci désormais, conclure sa vie politique en essayant de marquer l’histoire de son parti et peut-être de la Wallonie. Et pour ça, il doit solder les comptes, faire oublier Nethys et Stéphane Moreau. Etre à la hauteur, enfin, de sa phrase de 2005.

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