Montée du Vlaams Belang: le monde culturel flamand est inquiet

Montée du Vlaams Belang: le monde culturel flamand est inquiet
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Montée du Vlaams Belang: le monde culturel flamand est inquiet - © MARISE GHYSELINGS - BELGA

Au lendemain des élections, le monde culturel flamand est sous le choc. Michael De Cock, le directeur du KVS, le théâtre flamand de Bruxelles, a signé une carte blanche dans De Morgen le soir des élections. Il estime que les électeurs flamands ont succombé au chant des sirènes en votant massivement pour le Vlaams Belang et la N-VA. Mélanie Joris l'a rencontré pour la chronique "Vu de Flandre", sur La Première.

Le vote pour le VB et la N-VA, un vote surprise?

Ce n’est pas une surprise, mais cela reste étonnant. Pour Michael De Cock, cela fait des années que des politiques comme Théo Francken mènent des discours racistes et xénophobes. Ils polarisent les tensions et montent les communautés les unes contre les autres en désignant des boucs émissaires comme les migrants. Alors aujourd’hui, le Vlaams Belang n’avait qu’à pousser sur certains boutons et c’était le tapis rouge qui se déroulait sous ses pieds.

Face à ce constat, le directeur du KVS est inquiet. Il a peur que les autres partis s’alignent à la droite de la droite et tentent de copier le discours du Vlaams Belang. Un discours qui, selon lui, n’est pas très différent de celui bien installé dans les années 90. Le nouveau président, Tom Van Grieken, a juste mis un plus beau costume. "Il y a eu toute une discussion en Flandre hier et avant-hier, est-ce que le nouveau Vlaams Belang est arrivé ? Mais il n’y a rien qui a changé. Ils ont changé le discours. Tom Van Grieken est le premier président à être le gendre idéal, à être poli. C’est très malin, mais ça ne veut pas dire que le contenu a changé", avance Michael De Cock.

Des messages émotionnels

Au-delà de certains thèmes qui ont bien fonctionné auprès des électeurs, il y a aussi la manière de délivrer le message. On l’a déjà dit, le Vlaams Belang a beaucoup investi dans les publicités sur Facebook. Le parti d’extrême droite a aussi bien compris qu’un message émotionnel a plus de poids qu’un message rationnel. " Les partis de droite, d'extrême droite essaient de bien raconter leurs histoires. C’est une histoire qui est émotionnelle, qui donne un espoir pour l’avenir, qui est peut-être un mensonge, mais qui s’adresse à l’émotion, estime Michael De Cock. Et effectivement les autres partis ont une histoire qui est plus rationnelle ou qui essaie d’être plus analytique et c’est beaucoup plus compliqué à faire passer."

Et comme le dit Michael De Cock : quand un électeur a l’impression de ne plus faire partie de la société, il réagit mieux à ces messages émotionnels et il envoie plus facilement un message de sanction vis-à-vis du monde politique traditionnel. 

Comment garder espoir? 

Selon Michael De Cock, il y a deux pistes pour garder espoir. D’une part, l’émergence de groupes très forts, très progressistes qui permettent de faire le contrepoids. Il cite, par exemple, les féministes et le mouvement Me Too. Des personnes qui portent des valeurs à l’opposé de celles de l’extrême droite.

D’autre part, puisqu’on ne peut pas battre l’extrême droite sur son terrain, il propose de remettre de l’humanité dans nos choix et nos projets. Il espère que c'est le chemin que prendront les présidents de parti à l'heure d'entrer dans une coalition. 

Journal télévisé 27/05/2019

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