Mon parcours d'interrogation

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Un qui aura réussi son parcours d’intégration, c’est David Goffin à Roland-Garros se disait-on dimanche. Nous nous étions en effet rendu disponible aux informations diffusées tout au long du week-end et avons donc surfé à la manière dominicale entre Didier Reynders, Philippe Moureaux, Marco Martiniello et Roger Federer : entre les Internationaux de la porte d’Auteuil — c’était Roland-Garros — et les étrangers de la porte de Flandre — c’était « Mise au Point ».

Ce qu’on en a retiré ? Ce qu’on en a compris ? C’est que si tout le monde n’est pas d’accord sur l’intégration, chacun en tout cas était partant pour le parcours.

Projet qu’incarna par ailleurs parfaitement le jeune Goffin avec ses trois tours judicieusement négociés avant que Roger, présentant là la figure du résident durablement installé et sûr de ses acquis et certain de ses droits ne lui ferme finalement la porte au nez.

Ce fut méritoire, ce fut même héroïque a-t-on lu et c’était assurément un joli moment — on ne savait pas à vrai dire si c’était l'histoire de David contre Goliath ou bien si on regardait " Roger and me ", mais le tout nous parut aussi rafraîchissant que le temps qu’il faisait dehors, raison pour laquelle, par ailleurs, nous étions, pour notre part, resté dedans.

Le dedans-dehors étant précisément l’objet de ce week-end où l’on s’aperçut sans mal que l’on pouvait être dehors en étant dedans et dedans en restant dehors… C’est toute la question, en effet, de l’intégration, de savoir qui est à l’intérieur de quoi.

Un terme qui, ainsi que le disait hier le professeur Marco Martiniello, ne veut plus rien dire, bien que jeudi dernier encore nous rappelions ici même que l’étymologie — qui veut qu’intégrer, c’est rendre quelqu’un entier — pouvait aider à dépoussiérer un peu cette notion fourre-tout que nous réservons aux étrangers tandis qu’elle s’applique pourtant à tout le monde et à chacun.

Contribuer à rendre entier, c’est en soi, semble-t-il, l’alpha et l’omega d’un projet politique. Pourtant, plutôt que de prendre précisément cette idée dans sa totalité — en entier —, nous préférons la découper en petits morceaux.

Regardez : nous aurons donc bientôt pour les étrangers, un parcours d’intégration, tandis que nous avon déjà pour les sans-emploi, un parcours d’insertion. Et demain, pour les exclus, nous créerons un parcours d’inclusion ? A condition bien entendu que l’on stoppe d’abord le parcours d’exclusion de ceux qui sont encore inclus…

Ah, décidément, tout cela ne dit qu’une chose : avec tous ces parcours, il reste du chemin à faire. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.

 

Paul Hermant

 

 

 

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