"Merci, la N-VA, c'est presque trop facile !"

Le barbecue de la discorde
Le barbecue de la discorde - © Tous droits réservés

L'opposition au fédéral pratique-t-elle le N-VA - bashing ?

Il y a de cela. Oui, il y a de l'exploitation politique certainement. Car une partie de ce qui est révélé aujourd'hui était déjà largement connu, même au moment ou le PS négociait avec la N-VA en 2010. L'opposition francophone se renforce, la N-VA aussi d'ailleurs. Je vous livre comme ça un SMS reçu d'un membre de l'opposition. "C'est à se demander si c'est la NVA qui n'orchestre pas tout ça. Ça devient presque trop facile".

Vous pensez que c'est vrai que la N-VA a orchestré tout ça ?

Non, c'est trop facile aussi de penser cela bien sûr. Mais par contre, ce qui est évident, c'est que cette séquence renforce la N-VA. Pourquoi ? Car en assumant les principales fonctions de l’État fédéral, la N-VA devient par essence un parti de gouvernement, elle perd sa virginité anti-belge pour les plus durs. Et se faire attaquer comme ça, sur des questions aussi émotionnelles par des francophones ou des flamands de gauche, lui redonne auprès de cet électorat nationaliste, ce rôle si confortable de victime. Victime des "foutaises francophones" comme le dit Bart de Wever. Notez que le SPa et Groen ont largement participé aux critiques, mais ça Bart l'oublie. Il y avait des profils plus modérés à la N-VA que Jan Jambon ou Theo Francken, mais Bart de Wever les a choisi eux. Dans le but d'apaiser sa base plus radicale, pas d'apaiser le pays c'est certain.

Bon, et quelle conséquence aura cette première semaine de débat ?

A l'heure ou l'on se parle, sur base du débat à cette heure, pas de démission. Pour la N-VA, ce serait un recul insupportable. Une manière de plier sous les foutaises francophones.

Et deux choses peuvent se passer.

Si vous êtes croyant, vous pouvez vous dire que tout ça va nous pousser à une grand déballage national, à des explications et à une meilleure compréhension de l'histoire de chaque communauté, la N-VA au pouvoir, c'est une sorte de catharsis pour le nationalisme flamand et pour la Belgique. Le gouvernement Michel pourra alors rassembler.

Soit vous n'êtes pas croyant. Vous vous dites que ce qui se passe ne peut que braquer le sud contre le nord du pays. Vous direz alors comme ce vieux monsieur croisé dans la rue hier matin : "Monsieur Henne, vous voyez, finalement les collabos ont gagné". Pour ceux-là, la N-VA ne peut incarner au sud du pays l'intérêt général et ce qui se passe depuis quelques jours ne fait que renforcer leur méfiance. Le gouvernement Michel ne pourra que diviser.

C'est maintenant que ça se joue.

Bertrand Henne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK