Mansplaining, manterrupting, ... : guide de survie pour comprendre le féminisme 2.0

Mansplaining, manterrupting, ... : guide de survie pour comprendre le féminisme 2.0
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Depuis le mouvement meetoo, des termes circulent de plus en plus dans le langage de tous les jours. Voici quelques mots qui décrivent des expériences vécues par beaucoup de femmes et qui rentrent notamment dans le monde du travail.

Mansplaining

Pour commencer, le plus populaire, le mansplaining. C’est la contraction de " man " et "explaining", en français, la " mecsplication ". Il s’agit de cette tendance qu’ont les hommes à expliquer la vie aux femmes, sur des sujets qui les concernent, elles ont tort de penser ce qu’elles pensent, de dire ce qu’elles disent, de ressentir ce qu’elles ressentent. Des explications souvent accompagnées d’un brin de condescendance. Si le mot est nouveau, le concept, lui, est ancien. C’est, par exemple, quand on se révolte contre, disons, le harcèlement de rue et qu’on vient nous dire que les féministes devraient se concentrer sur quelque chose d’autre parce qu’il y a des combats plus importants etc etc.  Le mansplaining est un symptôme du manque de crédibilité que la société accorde aux femmes lorsqu’elles parlent de leurs propres expériences ou lorsque des sujets plus ou moins complexes sont abordés. Ca peut donner lieu à des situations complètement absurdes, où des hommes dans un panel de discussion se retrouvent entre eux pour parler du port du voile ou de l’avortement.

Manterrupting

Le " manterrupting " fait aussi sa petite percée, et peut être défini comme l’interruption systématique et injustifiée des femmes par leurs collègues masculins. Une étude devenue célèbre démontraient d’ailleurs que les hommes accaparent 75% de temps de parole dans les réunions professionnelles, bien au-delà d’une représentation proportionnelle des genres.

En interrompant systématiquement leur interlocutrice, les hommes marquent une hiérarchie, et augmentent leur crédibilité professionnelle, alors que les femmes, elles, apprennent l’autocensure. En 2017, le Monde donnait la parole à trois cadres supérieures. Toutes expliquaient leur combat pour prendre et garder la parole en entreprise. Une femme qui parle est bavarde, un homme qui parle est un leader, avait affirmé l’une d’elle.

Une femme qui parle est bavarde, un homme qui parle est un leader

On pourrait dire une femme experte est une donneuse de leçon, alors qu’un homme expert, est calé sur le sujet. En d’autres termes, dans un cadre professionnel, quand une femme parle, soit elle est à peine entendue, soit elle est jugée trop agressive, expliquait à ce sujet le psychologue Adam Grant dans le NY Times.

Les femmes réagissent avec l'amplification

D’abord cela nécessite une remise en question des comportements liés à cette masculinité toxique. Un exemple qui peut donner des idées aux femmes nous vient de la période du premier mandat de Barack Obama, les femmes qui travaillaient alors à la Maison-Blanche ont raconté que pour faire entendre leur voix, elles s'étaient mises d'accord sur une stratégie commune de solidarité qu'elles avaient baptisé l'"amplification". Lors des réunions, lorsqu'une femme développait une idée, d'autres femmes la répétaient. Cela forçait les hommes présents à reconnaître la contribution, et les empêchait de se réapproprier l'idée, le cas échéant. Une ancienne conseillère d'Obama a confié que les femmes de la Maison-Blanche pratiquaient cette stratégie quotidiennement et que le président l'a remarqué et s'est ensuite mis à faire davantage appel aux femmes et aux jeunes conseillers. Le sexisme se cache de façon plus insidieuse, et pour une véritable égalité, il reste du boulot.

@safiakessas

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