"Man of Steel", aux origines de Superman

 

Man of Steel

 

Dans le jargon hollywoodien, on appelle ça le "reboot" d’une "franchise" : autrement dit, "on efface tout et on recommence", on repart aux origines d’une série. Cela signifie, pour Superman, un prologue sur la planète Krypton, où naît un enfant dénommé Kal-El, que son père envoie en exil sur terre pour le protéger, et qui grandit dans une famille d’adoption sous le nom de Clark Kent.

 

Pendant une heure et demie, à coup de flashbacks récurrents, "Man of Steel" montre la naissance et la jeunesse de Superman, qui s’interroge sur l’emploi de ses superpouvoirs et sur le sens à donner à sa destinée. Et pendant la dernière heure du film, le jeune homme, à 33 ans, sort de l’ombre – le parallèle avec le Christ est manifeste – et combat le féroce général Zod, venu de Krypton pour coloniser la Terre. Soit une heure de bataille dans le ciel et de destructions spectaculaires de tours new-yorkaises…

 

Les fans apprécieront sans doute cette nouvelle vision, réaliste et psychologisante, de Superman – le film a d’ailleurs récolté 113 millions de dollars lors de son premier week-end d’exploitation aux USA -. Les autres seront sans doute moins excités par ce film trop long, totalement dénué d’humour et empreint d’une solennité assez indigeste.

Bande-annonce de "Man of Steel"

Les Beaux Jours

A Dunkerque, Caroline (Fanny Ardant), dentiste fraîchement retraitée, s’ennuie et fréquente un club d’activités pour le 3ème âge, "Les Beaux Jours". Réticente au début, elle s’inscrit au cours d’informatique, où elle tombe sous le charme du professeur, Julien (Laurent Lafitte), jeune dragueur impénitent, pas du tout rebuté par leur différence d’âge. Cette liaison entre une femme mûre et un homme qui pourrait être son fils commence à faire jaser dans la petite ville côtière, et arrive aux oreilles du mari de Caroline (Patrick Chesnais).

Dans sa carrière, Fanny Ardant a souvent été horripilante. Ici, Marion Vernoux l’utilise à contre-emploi face à un Laurent Lafitte qui trouve la note juste dans son rôle de dragueur de province, et à un Patrick Chesnais qui cache sa souffrance de cocu avec un humour désabusé… Très joliment écrit, "Les Beaux Jours" se révèle une agréable surprise pour ce début d’été, période où le cinéma français ressemble souvent à un champ de navets…

Belle du Seigneur

Publié en 1968, le livre d’Albert Cohen figure au panthéon des chefs-d’œuvre de la littérature française. Ce roman-fleuve raconte l’histoire d’amour passionnée entre Solal, diplomate de la Société des Nations (l’action se déroule en 1935) et Ariane, aristocrate mariée à son plus proche collaborateur… Réputé inadaptable, le roman de Cohen est finalement porté à l’écran par le Brésilien Glenio Bonder, qui a réussi à convaincre la veuve de l’écrivain qu’il était "l’homme de la situation"…

Las ! Le résultat est catastrophique : Bonder filme cet amour fou avec une esthétique de carte postale. Et sa distribution est d’une fadeur terrifiante : Jonathan Rhys-Meyers ("Match Point", "The Tudors") semble se demander ce qu’il est allé faire dans cette galère, et la top model Natalia Vodianova promène sa moue boudeuse pendant une heure et demie – ce qui n’en fait pas une actrice.

Tourné en anglais pour d’évidentes raisons commerciales, ce "Belle du Seigneur" est un film maudit, qui sort à la sauvette alors que son réalisateur est décédé peu après le tournage… Triste ratage, comme l’histoire du cinéma en connaît hélas beaucoup.

Hugues Dayez

 

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