Malaise politique sur les réfugiés

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Là où Theo Francken tente de maintenir le cap de la légalité et du respect des conventions internationales, cela craquelle çà et là à la base des partis de la majorité.

L’asile et la migration reste un sujet "touchy" pour une coalition de droite… mais pas seulement comme l’a démontré l’embarras de mandataires socialistes début août.

Migration ou asile

En Flandre, la N-VA a basé une partie de son succès électoral sur un discours de fermeté vis-à-vis des émigrés en général, où le parti nationaliste ne fait finalement guère de différence entre gens du voyage, migrants économiques d’Europe de l’Est, Africains, réfugiés politiques ou population fuyant la guerre. Clairement, lors du scrutin du 25 mai 2014, ce discours a séduit une part de l’électorat traditionnel du Vlaams Belang.

Face à cela, l’Open Vld a tenté de ne pas être en reste, espérant capitaliser sur l’image de Maggie De Block, secrétaire d’État à la Migration du gouvernement Di Rupo, qui aurait à elle seule jugulé le flux migratoire qui menaçait le pays (sic). Sa brusque popularité sur cette thématique a aussi intrigué les états-majors politiques : la fermeté, voire l’intransigeance, sur l’immigration est électoralement rentable.

Soucieux de conforter cette "rente", Bart De Wever vient de proposer un statut de seconde zone pour les réfugiés, quitte à bafouer les traités signés par la Belgique. L’Open Vld insiste, Patrick Dewael, chef de groupe à la Chambre et ancien ministre de l’Intérieur, souhaite lui aussi que l’on puisse demander aux réfugiés une "contrepartie" à l’aide reçue sous forme de services à la communauté.

Escalade et malaise

Ironie de la vie politique, c’est un secrétaire d’État… N-VA qui a dû rappeler à un président de CPAS… N-VA qu’il n’était "pas question" de demander aux réfugiés de travailler en échange de l’aide reçue… comme le suggère le président de la… N-VA !

Le MR a aussi ses soucis… Le président Olivier Chastel a été obligé de rappeler à l’ordre des militants pour dérapage sur fond de migration sur Facebook.

Le malaise est palpable au sein des partis de la coalition, tiraillés entre les attentes d’une partie de la base, les exigences internationales et la réalité sur le terrain. Pas sûr qu’au cdH ou même au PS, on soit beaucoup plus à l’aise sur le sujet.

@PhWalkowiak

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