Loi Climat, nouveau front communautaire

Loi Climat, nouveau front communautaire
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La loi Climat divise nord et sud du pays...et ne sera sans doute pas votée au parlement. Quelles leçons retenir de cette séquence? Première leçon. Le front climat est aussi un front communautaire. Il l’a toujours été et c’est encore plus évident aujourd’hui. La N-VA avec son “écoréalisme” est opposée à une loi qui prévoit d’augmenter l’effort climatique et surtout qui prévoit qu’un niveau de pouvoir ne puisse plus décider seul en matière de climat, il faudra tenir compte des autres. Le VLD l’a rejoint "parce qu’il y a trop d’État dans la loi" et le CD&V n’est pas convaincu. Bref, il n’y aura pas de majorité des deux tiers et pas de majorité au sein du groupe linguistique flamand. À l’inverse, tous les partis francophones, sauf le Parti Populaire, sont derrière la loi Climat. Cela veut dire que les manifestants pour le climat ne doivent plus manifester à Liège ou à Namur, ni même à Bruxelles...mais à Gand, à Anvers, à Hasselt. C’est bien côté flamand que le climat fait débat. Un débat qui envenime. La ministre du Climat au nord du pays, la CD&V Joke Schauvliege, vient d’accuser les manifestants d’être manipulés par des organisations qui veulent sa peau, elle a cité des sources à la Sûreté de l’État. Elle a menti et est sur le point de démissionner. 

Ecolo en impose

A ce stade de la campagne, Ecolo est parvenu à imposer son agenda bien aidé par le contexte. Ils ont été les premiers à annoncer qu’ils déposeraient la loi Climat proposée par les universitaires au parlement. Tous les autres partis francophones marchent quelque part dans les pas d’Ecolo et attendent que ça passe pour pouvoir enfin se différencier. Pour Ecolo, la mobilisation est évidemment très porteuse mais elle arrive assez tôt. La campagne est encore longue.

Le MR en mode Rallye du Condroz...

Le MR et les partis francophones vont donc co-signer cette loi qui ne sera, sauf revirement, pas votée. Cela démontre une élasticité assez forte chez les libéraux. Pour l’anecdote, c’est David Clarinval, le chef de groupe à la Chambre, qui va s’y coller alors qu’il n’y a pas si longtemps, en 2012, c’est à sa demande que les quelques représentants du courant climato-sceptique belge francophone avaient été auditionnés à la Chambre. On mesure le chemin parcouru. Ceci montre aussi que la chute du gouvernement permet à la N-VA et au MR de prendre des positions qui auraient publiquement déchiré la majorité. Pour le coup, il aurait été isolé au sein de la suédoise ou isolé au sein des partis francophones. La courbe rentrante qui a conduit le MR à accepter de gouverner avec le N-VA en 2014 est suivie d’une courbe sortante depuis les élections d’octobre et le pacte de Marrakech. C’est le Rallye du Condroz. Être du bon côté de l'histoire, c’est être d’abord du bon côté de la frontière linguistique. C’est à dire celui où le MR se présente devant l’électeur. Celui où il doit nouer des coalitions. Tout faire pour éviter l’isolement dans sa propre communauté. Voilà la ligne libérale. Voilà pourquoi le front climatique est devenu un front communautaire. 

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