"Lincoln", un mythe américain vu par Spielberg

Hugues Dayez
Hugues Dayez - © RTBF

Favori dans la course aux Oscars avec 12 nominations, "Lincoln" appartient à la veine "sérieuse" de Spielberg : le créateur d’"E.T." se penche sur les derniers mois de la vie du président américain…

Lincoln

1865. La guerre de Sécession fait rage, et Abraham Lincoln entame son deuxième mandat présidentiel avec un combat politique ardu et risqué pour sa popularité : faire voter au Congrès le 13ème amendement de la Constitution permettant d’abolir l’esclavage… Avec ses conseillers, il va tenter d’arracher des voix au camp adverse pour obtenir la majorité nécessaire.

Spielberg rêvait de faire un film sur Lincoln depuis plus de dix ans. Avec la complicité du dramaturge Tony Kushner (l’auteur de "Angels in America"), il évite les pièges du "biopic" traditionnel pour se concentrer sur une brève mais cruciale période de la vie du président américain. Mais il semble parfois un peu écrasé par la solennité de son sujet, et sa mise en scène très sage est moins inventive que dans d’autres de ses films. Qui plus est, pour le spectateur européen peu versé dans les arcanes politiques de l’Histoire des USA, la mise en place des enjeux et des différents protagonistes apparaît comme peu attractive. Mais si on prend son mal en patience et qu’on passe le cap de la première heure – le film dure deux heures et demie -, on est récompensé de ses efforts : la deuxième partie du film, avec des joutes oratoires savoureuses, est traversée par un vrai souffle cinématographique. D’autant plus que l’acteur Daniel Day Lewis est une fois de plus époustouflant : son incarnation de Lincoln allie subtilité et charisme. Avec, sans doute pour lui, un troisième Oscar à la clé.

The last stand

Pauvre Schwarzie ! L’ancien gouverneur de Californie, non réélu, récemment divorcé, tente de revenir au cinéma à 65 ans pour redorer son étoile. "I’ll be back" était sa réplique-culte, ne l’oublions pas… Dans "The last stand", il incarne un vieux shérif d’une petite bourgade à la frontière mexicaine qui va tenter d’arrêter la cavale d’un trafiquant de drogue pourchassé par le FBI. Résumer ce scénario, c’est immédiatement en révéler la profonde banalité. "The last stand" est une petite série B, un western contemporain qui revisite un thème vieux comme le monde : le shérif seul contre tous, ou presque, comme Gary Cooper dans "Le train sifflera trois fois" de Fred Zinnemann… Heureusement, le film est parfois traversé d’un humour au second degré qui le rend plus sympathique. Mais pour Arnold, le temps où il tenait le haut de l’affiche dans des blockbusters mémorables comme "Terminator" semble désormais bien révolu.

Hors les murs

Premier film de David Lambert sélectionné à la Semaine de la critique, "Hors les murs" raconte une histoire d’amour entre deux garçons. Paulo, rencontre dans un bar Illir, immigré albanais, et finit la nuit avec lui… Mais malgré son attirance, Paulo assume mal son homosexualité.

Ce récit intimiste pourrait avoir le charme d’une belle sonate violon/piano ; le problème, c’est que le violon joue affreusement mal : Matila Malliarakis, qui incarne Paulo, est exaspérant et ruine tous les efforts de David Lambert pour rendre son film émouvant. Les choix de la Semaine de la Critique à Cannes sont parfois incompréhensibles. Seul Guillaume Gouix ("Illir"), vu dans l’excellent "Mobile home", s’en sort honorablement.

Hugues Dayez

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