Les verts, nouveau centre de gravité de la politique belge

Le sondage RTBF, VRT, De Standaard et La Libre confirme une tendance, il ne fait pas bon être au pouvoir. Les partis de gouvernement sont sanctionnés. Il n’y a pas d'exception, aucun parti de pouvoir ne progresse. Pour gagner, il faut être dans l’opposition et encore dans l’opposition partout et ne pas s'appeler sp.a. Les socialistes flamands sont les seuls à perdre malgré l’opposition. C’est la grande leçon de ce sondage, c’était déjà la grande leçon des communales d’ailleurs. Or, les partis ont eu l’occasion d’adapter leur stratégie depuis lors. Faisons le bilan. 

La N-VA limite la casse, le MR s'enfonce

La N-VA avait décidé de durcir sa ligne sur l’immigration. Elle limite la casse, perd 4% mais reste de très loin premier. La sortie du gouvernement sur Marrakech était sans doute la bonne option. Pour le MR, c’est l’inverse. Il est loin le temps où les libéraux pouvaient disputer au PS le titre de mâle dominant. Le MR est l’homme malade de la politique belge, troisième formation en Wallonie avec 18%, troisième formation à Bruxelles avec 15%. En gros, c’est un recul de 7 points par rapport aux élections de 2014. La seule consolation du MR est que les listes Destexhe ne décollent pas vraiment et surtout que le grand rival, le PS, perd également 7% et atteint des minimums historiques. Mais le PS reste premier en Wallonie.

Le cdH dans le coma

Le service d’urgence de la politique belge ressemble aux urgences d’un hôpital liégeois lors d’un sacre du Standard, il est débordé. Le cdH, lui, est presque en direction de la salle de réanimation. 7% à Bruxelles, 9% en Wallonie, c’est très peu et les développements de l’affaire Fourny ne vont pas arranger les choses.

Ecolo au centre du jeu

Ecolo dépasse désormais légèrement ses scores historiques de 1999. Vu que Groen progresse aussi, les verts deviennent clairement candidats au titre de plus grande famille politique du pays et donc candidats au 16. Autre progression confirmée, le PTB qui fait près de 15% en Wallonie. Autre indicateur marquant et qu’on cite assez peu, ce sont les réserves de voix disponibles pour les partis. C’est ce qu’on appelle le potentiel brut, on ne demande pas pour quel parti vous allez voter mais est-ce que vous pourriez voter pour tel ou tel parti.

Clairement dans le sud, c’est Ecolo qui a le plus gros potentiel 43% des Wallons et 49% des Bruxellois pourraient voter vert. Le PS est par exemple à 38% en Wallonie. En Flandre, le parti qui a le plus gros potentiel est la N-VA 47% mais par contre les nationalistes en captent déjà une bonne partie.

Vers un 27 mai chaotique

Si les sondages se confirment, les verts sont au centre du jeu. Mais avec une N-VA qui reste dominante et quasi incontournable au nord et un PS qui reste premier au sud. Il faudra très certainement des tripartites et des tripartites sans doute différentes entre les niveaux de pouvoir.

À noter cependant qu’en Wallonie, le PS et Ecolo sont proches de pouvoir former une majorité à 2. Alors que la grosse coalition PS-MR n’est désormais plus possible. Bref, ce sondage montre que les verts sont devenus le centre de gravité de la politique belge. C’est une position aussi dangereuse qu’intéressante. Car il faut l’assumer encore pendant un mois. On voit que les attaques sont en train de pleuvoir en particulier sur le volet fiscal du programme d’Ecolo. Et notre sondage montre assez paradoxalement que sur plusieurs thèmes environnementaux la population est très divisée. Une position difficile à assumer avant mais surtout difficile à assumer après. 

 

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