Les studios Disney reviennent au dessin animé

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Ce mercredi sort sur nos écrans "La princesse et la grenouille", un conte de fée original qui se déroule dans la Nouvelle-Orléans des années 1920. Mais la principale originalité du film, c'est qu'il marque le retour de Disney à la technique du dessin animé classique qui a fait sa gloire.

L'histoire du dessin animé chez Disney est une succession de hauts et de bas. Déjà, du vivant de Walt, le département "animation" a failli plusieurs fois mettre la clef sous le paillasson, avec des projets aussi chers et ambitieux que "Fantasia" ou "La belle au bois dormant", qui ne firent pas recette lors de leur sortie en salle. Et parfois, des films moins coûteux comme "Dumbo" ou "Les 101 dalmatiens" permettaient au studio de se renflouer et de repartir de plus belle.

Le dernier énorme succès des studios Disney, c'est "Le roi lion" en 1994. Mais l'artisan de ce succès, Jeffrey Katzenberg, fâché avec le PDG Michael Eisner, claque la  porte de Disney et part fonder les Studios Dreamworks Animation qui, après des débuts difficiles, remporteront des triomphes commerciaux avec "Shrek" et "Madagascar".

Autre départ fâcheux pour Disney: celui de John Lasseter qui, avec l'aide du patron de "Apple", Steve Jobs, s'en va fonder les Studios Pixar à San Francisco. En 1995, Lasseter réalise "Toy Story", le premier long-métrage en images de synthèse... On connaît la suite: Pixar aligne les chefs-d'uvre, et Disney - maigre consolation - conclut un accord avec Lasseter pour se charger de la distribution de ces films dans le monde entier.

Mais, dans le département "animation" de Disney, on aligne les contre-performances... A tel point qu'en 2004, le couperet tombe: le management de Disney décide de fermer purement et simplement ce département. Andreas Deja, chef-animateur chez Disney, explique: "Comme nos dessins animés faisaient des scores médiocres au box-office, tandis que les films en images de synthèse cassaient la baraque, nos boss ont conclu: c'est la technique 'dessin animé' qui est devenue obsolète ! Mais nous, les animateurs, nous n'étions pas du tout d'accord avec cette analyse: si nos derniers dessins animés n'avaient pas bien marché, c'était parce que leurs scénarios n'étaient pas au point ! Et nous le savions, mais nos patrons n'ont pas voulu l'admettre".

Commence alors une période hésitante pour Disney qui se lance dans l'animation en images de synthèse, avec une guerre de retard par rapport à Pixar et Dreamworks, et qui produit des films insignifiants comme "Chicken little" ou "Meet the Robinsons".

Heureusement, en 2006, Disney rachète Pixar, et John Lasseter devient le nouveau patron du secteur "animation" de Disney. Amoureux des grands classiques de Disney, Lasseter décide de relancer le dessin animé traditionnel. Andreas Deja se souvient: "J'étais fou de joie ! En même temps, Lasseter nous a dit: soyons très vigilants sur la qualité des scénarios, car c'est ça que les gens veulent voir : une bonne histoire ! Et  le grand public se moque de la technique qu'on utilise !"

Aujourd'hui, le dessin animé "La princesse et la grenouille", réalisé par les auteurs de "La petite sirène" et "Aladdin", John Musker et Ron Clements, prouve que le studio a retrouvé son âme. "C'est un nouveau départ", précise Clements, "d'autres projets de dessin animé sont en cours, comme un nouveau 'Winnie l'Ourson' et désormais, Disney va mener de front ces projets-là avec des films en images de synthèse". Merci John Lasseter.

 

Hugues Dayez

 

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