Les leçons du casting du gouvernement flamand

Le casting du nouveau gouvernement flamand envoie beaucoup de signaux politiques.

Les noms

D’abord, même si ce n’est pas une surprise, Jan Jambon sera ministre président. Or Jan Jambon est une figure fédérale. Il est l’un des rares cadres de la N-VA qui peut se prévaloir d'avoir un bon réseau de contacts au sein des partis francophones. Son départ vers la Flandre est un signal. Le signal d'une primauté politique du fait régional. Le fédéral est non seulement formé dans un second temps, mais il est aussi de plus en plus un second choix pour les politiques. C’est d’ailleurs aussi vrai pour les francophones, les Borsus, Di Rupo, Nollet, Magnette n’iront (normalement) pas au fédéral, ils resteront à la région ou dans leur parti. 

L’exception, la pointure qui ne trouve pas chaussure à son pied dans ce gouvernement, c’est Theo Francken. C’est lui, l’homme le plus polarisant de la bande nationaliste, qui se retrouve sur le carreau fédéral. Qui se retrouve propulsé comme la figure qui doit aller négocier avec le PS. 

Autre élément fort de ce casting, c’est Wouter Beke, le président du CD&V, qui est resté trois mois ministre dans le gouvernement fédéral démissionnaire en affaires courantes et minoritaire. Trois mois, c’est dire si c’était important pour lui et son parti. Il s'est choisi un beau morceau, un fauteuil: ministre du bien-être comme d’autres CD&V avant lui, comme Jo Vandeurzen. Soyons clair, c’est pas un poste de combat. C’est plutôt la chaise à papy.

Et puis on n’a pas encore le casting libéral. Mais on annonce beaucoup Bart Somers, ancien ministre, bourgmestre de Malines et peut-être, c’est ça la grande discussion, Gwendolyn Rutten ou Maggie De Block qui quitterait le fédéral. Mais là rien n’est tranché.

Les compétences

Voilà pour les grands noms. Au niveau des compétences, ce gouvernement Jambon révèle quelques surprises. C'est d’abord la N-VA qui a décroché le poste de l’enseignement. C’est la première fois que ce poste arrive dans les mains nationalistes. Et c’est assez surprenant. Surprenant d’abord que le CD&V ait lâché ça. 

Ensuite, c’est assez contre-intuitif de la part de la N-VA. Hier, les nationalistes ont communiqué en escadrille autour du même slogan : “le billet pour entrer dans la société devient plus cher”. Or, la mise en oeuvre de cette politique revient au VLD, à Bart Somers. L'enseignement, c'est aussi un choix risqué pour la N-VA car les conflits ont été nombreux entre les nationalistes et le top de l’enseignement catholique, qui est ultra-majoritaire en Flandre. Ben Weyts va devoir s’y coller.

Du côté du VLD enfin, la répartition des compétences est assez originale aussi. Alors que les libéraux ont communiqué à tout berzingue sur les réductions fiscales et le bonus a l’emploi, la fiscalité va à la N-VA, l’emploi et l’économie au CD&V. Le VLD hérite lui du très gros portefeuille intérieur et vivre-ensemble. C’est Bart Somers qui va devoir mettre en oeuvre les mesures taguées N-VA, les plus spectaculaires et les plus sensibles comme le parcours d’intégration renforcé et payant. Bart Somers, dont la gestion à Malines est donnée en exemple partout en Flandre, va donc avoir un gros défi, démontrer qu’on peut gérer ces compétences en essayant de rassembler, plutôt que de cliver. 

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