Les démocraties à l'épreuve du Coronavirus

Les démocraties à l'épreuve du Coronavirus
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L’épidémie de Coronavirus est une mise à l’épreuve pour les démocraties. En particulier nos rapports à l’autorité et l’information. Beaucoup d’études d’opinions montrent que les démocraties européennes sont en crise de légitimité auprès de leurs citoyens, la méfiance envers les institutions règne.

Des démocraties en crise d’autorité, c’est le cas de l’Italie en particulier, de la France, de la Belgique. Or ces Etats se retrouvent à devoir prendre des mesures particulièrement autoritaires. Les plus autoritaires qu’on ait connus depuis 70 ans, depuis la dernière guerre mondiale. Des annulations d’événements (atteinte à la liberté de réunion et de commerce), des réquisitions en France et en Italie (des atteintes à la propriété privée), des mises en quarantaine de millions de personnes en Italie (des atteintes à la liberté de circulation).

Ces mesures sont littéralement hors-normes. Elles ont un impact direct sur la vie de millions de citoyens et en plus elles coûtent très cher. Dans ce contexte de confiance dégradé, les démocraties doivent faire un usage exceptionnel de leur autorité, être aussi forte que le modèle autoritaire chinois.

Post-vérité

L’autre mise à l’épreuve est du côté de notre rapport à l’information. Le coronavirus intervient dans un contexte de la Post-vérité. La philosophe française Myriam Revault d’Allones, estime que nous sommes entré dans une ère du doute, de faits alternatifs, de relativisme. La frontière entre le vrai et le faux est devenue floue. 

Ça n’a pas manqué, le coronavirus a déjà semé une épidémie de doute. Ici une arme biologique lancée par la CIA, ou par inadvertance par les Chinois et que les médias refuseraient de révéler. Là-bas c'est un virus beaucoup plus grave que ce que l’on dit et que les médias tairaient volontairement. Là-bas encore c'est un virus moins grave qu’on le dit et que les médias exagéreraient volontairement. Tout et son contraire, ou presque, chacun sa vérité, ses faits alternatifs. Comme disait Hannah Arendt, le problème ce n’est pas qu’on croit dans les mensonges, c’est qu’on ne croit plus en rien.

C’est dans ce double contexte de méfiance et de doute que nos démocraties sont mises à l’épreuve de sauver leur système de santé. Eviter la saturation des hôpitaux, pour qu’ils tiennent bon. C’est notre seule défense, notre seule tranchée. Pour ça il faudra prendre des mesures radicales. On dit souvent que les virus et les microbes révèlent les faiblesses des corps humains. Ils révèlent aussi les forces et les faiblesses d’une société. Les pouvoirs publics doivent faire preuve d’autorité avec efficacité et détermination. Les citoyens doivent rester critiques mais se méfier de leur méfiance. Ils doivent penser au "Nous" avant le "Je". Le vrai risque ce n’est pas tellement le Coronavirus lui-même, que nos réactions. Autrement dit, la méfiance et le doute risque de tuer plus que le Coronavirus lui-même.