Les "Dellboys" de la préformation

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Ils travaillent sur des ordinateurs Dell. Le Toshiba des "Toshibaboys" du CD&V de 1989 est dépassé. Dans les partis, autour de la table de négociation, les francophones utilisent de puissants modèles informatiques. Quel impact aurait une responsabilisation des régions en fonction du taux d'emploi ? Quelques clics dans le tableau Excell et les "Dellboys" ont la réponse.

Les partis francophones vivent dans la hantise de 1988 : lors de cette réforme de l'Etat,  la Communauté française avait reçu la nouvelle compétence de l'enseignement. Mais le système de financement mis en place en 1989 l'étrangla rapidement financièrement. S'en suivirent des années de vache maigre, de manifestations d'enseignants : du sang et des larmes dans les salles des profs.

Pendant l'élaboration de la loi de financement, les boys de Jean-Luc Dehaene calculaient immédiatement l'impact de toute modification sur les finances des entités fédérées. Re-dou-tables, qu'ils étaient, à côté de francophones bien démunis.

Pour éviter que l'histoire ne se répète, les partis francophones - PS et Ecolo en tête - ont sorti leurs techniciens spécialistes en modélisation. Dans une salle attenante, avec PC et modèle informatique, ils sont capables d'évaluer l'effet de tout transfert de compétences sur la bourse des francophones, des wallons et des bruxellois.

Ce modèle a une histoire : le 4P3U. Quatre partis, 3 universitaires. C'était en 1997 : Philippe Busquin, Isabelle Durand, Louis Michel et Charles Ferdinand-Nothomb se préparaient aux négociations fédérales qui allaient suivre les élections de ... 1999. Ils décidèrent de s'adjoindre les services de 3 professeurs d'université : Robert Deschamps et Michel Mignolet (Facultés de Namur) ainsi que Paul Kestens (ULB). Les 3 savants élaborèrent un outil de modélisation commun aux 4 partis. Ceci devait permettre aux francophones de tester différents scénarios. C'est cet outil, adapté et modernisé par les partis,  qui sert toujours de base aujourd'hui.

A l'époque, notre ex-confrère Olivier Alsteens, passé depuis lors dans l'envers du décor politique, écrivait ceci pour le journal Le Soir : "Un autre scénario qui sera examiné attentivement, est celui d'un blocage fédéral. Quelles seraient les conséquences d'un gouvernement d'affaires courantes perpétuel si les Flamands, mécontents d'un 'niet' à leurs revendications institutionnelles, empêchaient la formation d'un gouvernement fédéral en 1999."

1997 - 2010. 13 ans déjà.

Johanne Montay

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