Le VLD un parti "Under the gun"

Le VLD un parti "Under the gun"
Le VLD un parti "Under the gun" - © Tous droits réservés

Bertrand Henne, le VLD aura bientôt un nouveau président, ou une nouvelle présidente. La campagne a déjà commencée. Et bien sûr ça va influencer la négociation en cours au fédéral.

Il est évident que l’un des facteurs du blocage actuel c’est le renouvellement des dirigeants dans les partis qui a eu lieu ces derniers mois (PS-SPA, MR, Ecolo, Groen, DEFI). La phase de formation est celle où les présidents de partis ont le plus de pouvoir. Celle aussi où la qualité de leurs interactions, leur connaissance mutuelle compte le plus. D’habitude le président de parti en exercice négocie la formation du gouvernement puis, selon les statuts des partis, remet son mandat en jeu. Cet agenda a été bouleversé.

Premier problème, cette nouvelle génération ne se connaît pas bien, surtout entre nord et sud du pays.

Deuxième problème, ces nouveaux présidents sont encore dans une phase de conquête de leadership. Ils doivent asseoir leur présidence, convaincre, le moindre faux pas risque de les poursuivre toute leur vie. Ils sont “under the gun”, “sous le flingue”. C’est une expression au Poker, c’est la position ou vous êtes le plus mal placé pour parier.

C’est vrai pour tous les nouveaux présidents, Paul Magnette, Georges Louis Bouchez par exemple, mais ils ont été plutôt bien élus. La situation est encore plus compliquée pour Joachim Coens, qui est encore plus “Under the gun” que les autres. Mal élu, il doit construire son autorité avec et contre les pontes du parti (comme Koen Geens), avec et contre la centaine de bourgmestres qui constitue le cœur du réacteur nucléaire chrétien démocrate.

Oui cela pèse lourdement sur le processus de négociation.

Le VLD va donc s’ajouter à la liste

L’élection va commencer fin février et se terminer fin mars. Quoi qu’il arrive même si l’informateur Koen Geens parvient à réussir là où Jésus a échoué, on sera au mieux dans un processus de négociation de programme. Cela veut donc dire que toute la campagne du VLD va interférer avec la constitution d’un gouvernement fédéral.

Les libéraux auront bon réviser leurs classiques, se draper d’un voile d’ignorance (pour reprendre l’expression de John Rawls, un philosophe libéral américain) ils ne parviendront évidemment pas à s’extraire du contexte actuel.

Déjà aujourd’hui la question avec ou sans la N-VA hante la précampagne du VLD. Le choix de Gwendolyn Rutten de négocier avec Paul Magnette d’un possible gouvernement sans la N-VA a suscité la controverse. Pour l’ex conseiller de com de Guy Verhofstadt, Noël Slangen, Gwendolyn Rutten est "politiquement morte". Le candidat Bart Tommelein, un proche de Rutten est dans la continuité. Il est donc prêt à lâcher la N-VA. Il s’oppose à Egbert Lachaert, chef de groupe au parlement. Il était très critique du choix de Gwendolyn Rutten pour l’Arc-en-ciel et souhaite un VLD plus à droite sur le socio-économique.

C’est aussi le choix d’Els Ampe, la Bruxelloise pose une candidature plus en rupture en estimant que le VLD fait désormais partie d’une nouvelle “noblesse d’état”. Un quatrième candidat Stefaan Nuytten, un entrepreneur de Koksijde s’est fait connaître. Il y en aura peut-être d’autres évidemment.

Question de Timing

Si le CD&V décide lui-même de franchir le cap et d’abandonner la N-VA, la pression va s’évacuer un peu au VLD. Si le CD&V tient bon ou hésite, ce qui revient au même, tous les candidats VLD seront “under the gun”, dans la plus mauvaise position possible au Poker. Celle ou l’on doit jouer à l’aveugle donc. Un seul conseil dans ce cas-là au Poker. Joué serré, ne bluffez pas, soyez cool parce que vous risquez d’avoir un type avec une paire d’as après vous…

Pas sûr qu’un candidat puisse gagner l’élection dans un parti en grande difficulté en la jouant serré. Bref il n’y avait sans doute pas de pire moment pour organiser une élection présidentielle.



 

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