Le VLD face à ses démons

Le VLD face à ses démons
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L’ancienne présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten réveille de vieux démons. Elle affirme, qu'après les élections, la N-VA lui à fait une offre généreuse pour gouverner la Flandre avec le Vlaams Belang. Une sortie qui n’a pas été démentie par Bart de Wever, qui préfère "tondre sa pelouse" (sic) que de répondre.

Gwendolyn Rutten était en mode révélation dans l'émission De Afspraak op vrijdag. On sait que la N-VA et le Vlaams Belang ont négocié pour un gouvernement flamand plusieurs semaines l’année passée. Les deux formations avaient presque une majorité. On se doutait que Bart de Wever avait cherché des soutiens au CD&V ou au VLD. Confirmation donc il a bien cherché à le faire. Avec des "compensations généreuses à la clé" dit Gwendolyn Rutten.

Secousse

Cette révélation démontre, s’il le fallait encore, que la N-VA est effectivement prête à former un exécutif avec le Belang. Cela rappelle le “Samen een meerderheid !" Ensemble une majorité lâchée par Théo Francken le soir des élections. 

Cette tentation nationaliste ne va pas faciliter la formation d’un gouvernement avec la N-VA. Elle devient un peu plus infréquentable encore pour les partis francophones. Plusieurs élus socialistes ne se sont pas privés d’ailleurs ce week-end de dénoncer cette attitude favorable à l’extrême droite. Cela ne va pas aider la tâche de l’actuel président du VLD Egdbert Lachaert, qui mène des négociations avec le MR et le CD&V, et qui n’aurait toujours pas abandonné la voie d’un gouvernement avec la N-VA. 

Le passé c’est le passé, c’est ce qu’a dit Egdbert Lachaert, en espérant clore le plus possible la polémique. L’autre homme influent du VLD Vincent Van Quickenborne était plus en colère “De tels messages interfèrent avec le travail de notre président". Voilà Gwendolyn Rutten priée de se taire et de ne plus se mêler des affaires du VLD. Voilà aussi les libéraux flamands ramenés à ce débat autour de l’attitude face à la N-VA, suivisme ou rupture ? Gwendolyn Rutten était clairement favorable à la seconde option et elle l’a payé assez cher.

Wilfried

D’ailleurs, ça a fait beaucoup moins de bruit, mais dans le dernier numéro du magazine Wilfried, elle s’explique sur ce point précis. Elle dit qu’elle était prête durant l’hiver à se lancer dans un gouvernement avec les socialistes et les écologistes, sans la N-VA donc. Elle a été barrée par les résistances de son propre parti. Elle ne cite pas de non, mais publiquement Egbert Lachaert et Vincent Vanquickenborne ont été les fossoyeurs de cette formule. Dans cette interview elle va même encore plus loin. Elle dit :

Je pense que vous sous-estimez à quel point la discrimination, l’aversion pour tout ce qui est différent est profondément ancrée en Flandre. Ce n’est pas en courant après le Vlaams Belang qu’on améliorera quoi que ce soit.

Cette ligne, sociale et anti-nationaliste a divisé profondément les libéraux flamand. Elle a coûté son poste à Gwendolyn Rutten. Aujourd'hui avec Egbert Lachaert, les libréraux flamands sont plus unis. Gwendolyn Rutten réveille de vieux démons. Mais pourtant la question quelle pose demeure entière : l’avenir du libéralisme flamand passe-t-il par une rupture avec le nationalisme et avec N-VA ?