Formation fédérale: le VLD en plein stratégo

Le VLD en plein stratégo
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Ce week-end, l’information politique principale, c’est l’offensive des libéraux flamands contre la N-VA. Dans ce stratégo géant qu’est la formation fédérale, c’est un général qui est de sortie. Pas le genre des éclaireurs qu’on envoie à la hussarde pour dénicher les bombes. Pas le genre d’un lieutenant qu’on envoie pour éliminer les démineurs de l’adversaire. Non ici c’est bien un général, une pièce unique, juste en dessous du maréchal (en Belgique, ce sont les présidents de partis). C’est le vice-premier flamand, Bart Somers, qui est de sortie.

Et il envoie du lourd. Pour lui, un "aveugle pourrait voir" que la N-VA ne veut pas participer à un gouvernement fédéral.

La N-VA a une trajectoire et une histoire qui montrent qu’ils fuient leur responsabilité au niveau fédéral.

Il n’a pas directement conclu que la seule solution était un arc-en-ciel ou une formule proche, mais il a donc attaqué de front la N-VA, lui le général qui gouverne en Flandre avec un autre général nationaliste Jan Jambon.

Une première du genre

Samedi dans la Libre, c’est déjà une colonelle, Maggie De Block, qui avait attaqué la N-VA sur la question de l’asile et avait ouvert la porte à l’arc-en-ciel. A priori, la manœuvre est concertée. Gwendolyn Rutten la maréchale ne dit rien. Les autres haut gradés libéraux qui avaient auparavant plaidé pour un gouvernement avec la N-VA, Alexander De Croo surtout, se taisent. Pour l’instant, le VLD tient sa ligne.

La N-VA, attaquée, a évidemment réagi. Mais ce n’est pas le Maréchal Bart de Wever qui est de sortie. Ce n’est pas non plus le général, Jan Jambon qui gouverne avec Bart Somers en Flandre, c’est le vice-président de la N-VA, Lorin Parys. Il contre-attaque en accusant le VLD de faire un beau cadeau à Paul Magnette en déforçant la position flamande. Une position que Laurin Parys résume simplement: "Calquer l’accord de gouvernement flamand au fédéral”. La N-VA veut, dit-il, prendre le cap des pays du nord de l’Europe, alors que sans la N-VA on prendrait le cap du sud de l’Europe. La ligne de la future opposition de la N-VA est déjà toute tracée.

Pression sur la N-VA et le CD&V

La contre-attaque est logique. Mais l’objectif du VLD est de mettre la pression sur la N-VA. Car toutes les informations qui remontent du champ de bataille disent que les troupes de la N-VA sont divisées, et que le maréchal Bart de Wever a lui-même bien du mal à décider.

Le VLD a donc pris un tournant vers l’arc-en-ciel, reste le CD&V. Les deux partis sont pivots, ils ont le même nombre de sièges à la chambre (12). Tous les deux sont pivots, mais pas nécessairement les deux ensemble. Un arc-en-ciel classique avec les trois familles (socialiste, libérale et écologiste) a une majorité, d’un siège. C'est trop court. Mais avec le cdH qui est revenu dans la course, c’est 6 sièges de majorité, c’est jouable. Le CD&V n’est donc pas numériquement indispensable. Politiquement c’est autre chose, car la sous-représentation flamande serait très forte. Reste que le VLD en sortant ses généraux du rang maintenant, se prépare une place de choix à la table des futures négociations qui pourraient se mettre en place. Pour réclamer, par exemple, le poste de Premier ministre.
 

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