Le VLD, ce traître à la Flandre

Le bras de fer entre le VLD et la N-VA fait rage. Pour comprendre la tension entre les deux partis, il faut revenir au début des années 2000, aux années des gouvernements Verhofstadt entre 1999 et 2007. A l’époque, le VLD est devenu le premier parti du pays, et les libéraux la première famille politique. Côté flamand, l’attente est grande de voir le pays prendre un tournant à droite, comme dans les années 80 au moment des gouvernements Martens-Gol. L’attente est grande aussi d’une nouvelle réforme de l’Etat. Pour rappel le Parlement flamand a voté en mars 1999 à une très large majorité ses fameuses 5 résolutions qui visent à approfondir fortement le régionalisme (soins de santé, SNCB, impôt des personnes physique…). Beaucoup de compétences pour les deux régions, Bruxelles ayant un traitement spécial.

Attentes déçues

Or, le gouvernement Verhofstadt ne va pas gouverner à droite. Grâce à la parenthèse de forte croissance du début des années 2000, il peut se permettre des nouvelles dépenses. Des dépenses fiscales (par exemple des déductions pour les entreprises, les intérêts notionnels) ou des dépenses sociales (avec une norme de croissance des soins de santé fixée à 4.5% par ans).

Le gouvernement Verhofstadt aussi décidé aussi d’une régularisation massive des sans-papiers, et du droit de vote pour les étrangers aux élections communales. Deux mesures qui passent très mal à droite.

Enfin, sur le plan communautaire, les résolutions flamandes sont largement snobées par les francophones. Un dossier va particulièrement démontrer l’impuissance de Verhofstadt en matière communautaire, c’est le dossier BHV, Bruxelles Hal Vilvoorde. BHV va devenir le symbole définitif de la trahison du VLD aux yeux du CD&V, du Vlaams Blok et de la Volksunie, l’ancêtre de la N-VA qui implose justement en 2001.

C’est là que Bart De Wever arrive

Bart De Wever va reprendre le drapeau nationaliste laissé au sol. Il va prospérer, construire le succès de la N-VA en dénonçant la trahison du VLD. Au début en cartel avec le CD&V, puis tout seul il va petit à petit élargir son discours à la dénonciation de toutes les élites flamandes soumises selon lui aux Francophones.

Ce qu’il faut bien comprendre pour saisir les enjeux aujourd’hui c’est que le VLD occupe une place singulière dans le récit constitutif de la N-VA, c’est le parti des traîtres. Traîtres sur le plan socio-économique, traître sur le plan de l’immigration, traître sur le plan communautaire. Les trois en même temps cela revient pour Bart De Wever à être un traître à la Flandre en général. Ce passif est en train de resurgir aujourd’hui.

Strépy-Thieu

Souvenez-vous de Strépy-Thieu. Bart De Wever s’est fait un nom en 2005 en venant avec des camions remplis de billets devant l’ascenseur à bateau de Strépy-Thieu. Bien évidemment, la communication était avant tout destinée au VLD, le parti du Premier ministre, qui laissait tout cet argent flamand partir sans rien dire. Pour Bart de Wever c’est clair, le VLD a trahi pour s’assurer des postes en vue dans le gouvernement. Cette rhétorique a été redoutablement efficace à l’époque. Les libéraux flamands ne s’en sont d’ailleurs toujours pas remis. Pour cette raison, la décision de remonter dans un arc-en-ciel, qui plus est très minoritaire en Flandre, est particulièrement difficile pour le VLD.

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