Le Tsunami qui vient

Le Tsunami qui vient
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180.000 travailleurs en chômage temporaire risquent d’y rester définitivement. C’est le chiffre évoqué par l’ERMG, Economic Risk Management Group, un groupe d’économistes qui conseille les gouvernements avec à sa tête le directeur de la banque nationale.

D’après eux un travailleur en chômage temporaire sur cinq risque de perdre définitivement son travail en juin a la fin de sa période temporaire. Il y a près d’un million de travailleurs concernés, cela fait donc 180.000 personnes qui deviendraient chômeurs complets indemnisés.

Cela concerne surtout le secteur culturel et de l’Horeca. Mais beaucoup de secteurs sont concernés. A ce chiffre il faut encore ajouter les nombreux indépendants qui risquent de mettre la clef sous la porte. En janvier il y avait en Belgique 330.000 chômeurs complets indemnisés. Ce serait donc une augmentation de 60%, d’un coup d’un seul.

L’économiste flamand Geert Noels parlait ce week-end dans le Tijd d’un Coronatsunami.

Vous ressentez d’abord un choc. Voilà le tremblement de terre. Ensuite, il y a un reflux exceptionnel, charmant, innocent. Et alors seulement une énorme vague se précipite sur la côte, ce qui surprend tout le monde. Voilà comment se passe un tsunami. Le coronatsunami économique suit le même schéma. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase faussement calme. Les entreprises seront bientôt affectées par les conséquences du choc. Une croissance négative de 10% du produit intérieur brut, peut-être plus, laissera des traces.

En ce moment selon Geert Noels, c’est donc le calme. Ce moment ou les eaux sont en train de se retirer et ou au large se forme la vague du Tsunami qui forcément va déferler sur les côtes. La baisse de la demande, les faillites d’entreprises et le chômage.

Pour retarder cette vague, le gouvernement peut prolonger les mesures de chômage temporaire et les autres mesures de soutien à l’économie, jusqu’à l’automne. Mais pour nous protéger de la vague il faudra des mesures économiques et sociales d’une ampleur inédites.

L’eau monte

La pression augmente donc sur les dirigeants, et sur la formation d’un gouvernement fédéral. Le chiffre de 180.000 chômeurs a été cité en exemple par Théo Francken de la N-VA. Il a tenu à rappeler à Paul Magnette les 5000 emplois perdus chez Caterpillar à Gosselies. Sur Twitter il dit :

Accrochez maintenant. 180.000 licenciements immédiats dans l’air et le PS dit "Hé peut-être qu’on devrait organiser des élections." Prenez vos responsabilités.

Ce genre d’appel à la mise en place d’un gouvernement avec le PS se multiplient de la part de la N-VA depuis deux semaines. Ils commencent à percoler, plusieurs responsables politiques, économiques ou éditorialistes ont soutenu cette idée comme une évidence.

Cette évidence n’est pas partagée au sud. Car c’est oublier un peu vite à quel point la N-VA a joué au pompier pyromane depuis 6 ans. Oublier que ça laisse des traces, et que côté francophone la plupart des partis n’y croient plus. Et même ceux qui y croient n’oseraient plus l’assumer devant leurs électeurs. Paul Magnette s’est pris le bureau du PS dans les dents quand il a essayé en mars et une bonne partie du MR est dégoûtée.

L’évidence c’est que le Tsunami qui vient exerce une pression de plus en plus forte sur les acteurs politiques pour qu’ils forment un gouvernement de plein exercice. Mais cette pression peut pousser à faire demain ce qu’ils n’ont pas réussi ou osé faire hier. Un gouvernement avec la N-VA, ou un gouvernement sans la N-VA, ou même un gouvernement minoritaire, ou même des élections. Car le problème reste entier. Aucune solution n’est évidente.