Le train des réformes sifflera trois fois

Bertrand Henne
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C'est la question du jour. Qu’est-ce que les syndicats peuvent espérer de leur mobilisation autour des pensions ?

Le premier objectif des syndicats n’est pas tellement de faire bouger le gouvernement. C’est plutôt qu’il ne bouge plus, ou plus exactement qu’il continue à patauger. Car vu la proximité des élections, tout le monde l'a compris, on entre dans une période de glaciation politique. Les grandes réformes, sauf surprise, c’est fini. Ça veut dire que la pension à points, qui était le grand chantier de la législature, c’est fini. Si on veut résumer (très fort) la stratégie syndicale (car il y a des stratégies, au pluriel), on pourrait dire qu’il y a eu trois moments. Un premier moment surtout dominé par la FGTB où l’espoir était de faire tomber le gouvernement, de faire dérailler le train. À partir de 2016, on comprend que ça n’arrivera pas, c’est la stratégie de la concertation, de l’influence qui prend le dessus, surtout menée par la CSC, on essaie de monter dans le train, les résultats sont très limités.

Le gouvernement a maintenu sa ligne

La concertation est très compliquée. Et du point de vue syndical amène rarement quelque chose de satisfaisant. En matière de pensions par exemple, une série de réformes sont décidées, le report à 67 ans, le rachat des années d’études, les périodes assimilées, la définition des critères de pénibilité. Ça veut dire que la résistance syndicale a rendu la vie compliquée à Daniel Bacquelaine, il a dû freiner son train, mais ne l’a pas fait changer de voie.

Du coup, l’espoir syndical ce n’est plus de faire changer le train de direction, c’est qu’il n’arrive pas à l’heure à la gare. Et ça semble marcher. Concernant la pension à points en particulier, les syndicats ont réussi à semer le doute sur le système. Daniel Bacquelaine, sous pression, a dû ralentir.

Les élections approchent, les syndicats décomptent les jours

L’approche des élections est naturellement un facteur qui ralentit les réformes, voire qui les bloque. Et puis, l'élection c’est un aiguillage. L'espoir syndical c’est que l’actuelle majorité ne soit pas reconduite. Que le train ne siffle ni deux fois, ni trois fois. Que l’aiguillage conduise à une nouvelle majorité plus à gauche. Donc ce qu’on vit ici a surtout comme fonction de tenter de gagner la bataille des idées pour les scrutins à venir plutôt que de peser sur l’action du gouvernement.
 

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