Le prix Nobel, à l'opposé de la recherche sur les shampoings

Le prix nobels, à l'opposé de la recherche sur les shampoings
Le prix nobels, à l'opposé de la recherche sur les shampoings - © Tous droits réservés

Le prix Nobel de médecine a été décerné hier. Ceux de physique et de chimie aujourd'hui et demain. Le prix Nobel de littérature jeudi. Le monde scientifique et artistique a les yeux braqués sur Stockholm.

Nous connaissons tous cette histoire d’Alfred Nobel, l’inventeur de la dynamite, qui au seuil de sa vie, se retrouvant sans enfants, décide de léguer sa fortune à une fondation qui récompensera ceux qui ont rendu " les plus grands services à l’humanité. " On sait un peu moins que le testament fut rédigé à Paris, rue de Rivoli, dans les locaux du cercle suédois. Depuis la mort d’Alfred, en 1900, l’argent placée en bon père de famille assure le financement de cette fondation qui est donc complètement indépendante.

1 millions de couronnes suédoises c’est le montant du prix Nobel, ce qui donne environ 900 000 euros. Physique, chimie, médecine, littérature et le fameux prix Nobel de la paix, il y a 5 prix. On y ajoute parfois un prix en économie sponsorisé par la banque de Suède, mais le comité Nobel a décidé depuis 1968 que ces catégories ne bougeraient plus.

Si vous vous demandez pourquoi le prix Nobel de la paix est décerné par le parlement norvégien et pas par l’académie suédoise, c’est tout simplement parce qu’au temps d’Alfred Nobel la Norvège et la Suède ne formaient qu’un seul et même royaume : la même famille royale régnait sur les deux pays, même s’ils avaient chacun leurs propres institutions.

Plus qu’une récompense financière le Nobel est surtout synonyme de prestige

C’est comme cela depuis 1901. La remise des prix Nobel lors d’un dîner de gala à l’hôtel de ville de Stockholm, avec messieurs en smoking et vaisselle de luxe, attire l’attention de toute la presse. Avec l’accélération des moyens de communication on parle désormais davantage de l’attribution des prix que de la réception. Mais la réputation d’un prix Nobel est mondiale et instantanée. Recevoir le Nobel c’est devenir une voix qui compte. Les lauréats sont invités à s’exprimer partout dans le monde et pas toujours dans leur sphère de compétence. Le revers de la médaille Nobel c’est donc le risque de se voir confronter à un journaliste ou un autre interlocuteur qui vous interroge sur à peu près n’importe quoi. C’est l’une des raisons pour laquelle Jean-Paul Sartre par exemple refusera de recevoir le Nobel de littérature. La face positive de la médaille c’est que quoi qu’on dise, cela sera désormais répercuté avec une certaine force.

Les Nobels belges ne font pas exception

Quand Francois Englert , notre prix Nobel de physique révèle qu’il a été un enfant caché pendant la guerre, qu’il a donc lui aussi échappé de peu à la déportation , cela renforce notre perception de l'horreur que fut l’holocauste.

Lorsqu’en 2015 il participe à un colloque au Sénat sur le financement de la recherche, on n’écoute pas forcément les obscurs professeurs de chimie ou de mathématiques. Mais quand c’est le prix Nobel qui explique aux élus que la recherche fondamentale est insuffisamment soutenue, ces élus ne peuvent pas faire semblant de ne pas avoir entendu. Ce plaidoyer pour la recherche fondamentale, celle qui n’est pas soutenue par un grand laboratoire pharmaceutique ou un groupe industriel, est finalement l’essence des prix Nobel. Chercher, écrire, œuvrer pour la paix, au bénéfice de l’humanité, cela rapporte souvent très peu. Beaucoup moins en tout cas qu’une recherche appliquée qui déboucherait par exemple sur un nouveau shampoing. Alors allo, quoi ? Les prix Nobel, une fois par an, corrigent un peu cette injustice.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK