Le mot du jour: "Casseur"

Le casseur urbain, celui qu’on voit dans les manifestations, renvoie à l’idée d’une violence volontaire, qui peut prendre différentes formes. La violence contre les magasins, on casse des enseignes et des vitrines, on pille des boutiques. L’autre cible traditionnelle du casseur est la police. Jet de pavé, érection de barricade, cocktail molotov : le casseur cherche l’affrontement avec les policiers, il use de technique de guérilla, harcèlement, mobilité, déplacement. Le casseur adore casser du matériel urbain, il s’en sert alors de projectile, il n’apprécie pas les journalistes, et encore moi leurs appareils photo qui pourrait servir à l’identifier, il agit en groupe, un casseur seul serait facilement repéré et appréhendé.

Le casseur est principalement masculin, il a le visage masqué, et il profite de grands rassemblements pour passer à l’action. Est-ce de la délinquance gratuite, pas tout à fait, souvent les casseurs, expliquent qu’ils sont en guerre avec l’Etat et le capitalisme, et que s’en prendre directement à leurs représentants est un acte politique, le passage d’un combat théorique à un combat réel. Evidement tous les casseurs ne se ressemblent pas. Il y a des adolescents casse-cou, des groupes de voyous bien organisés, des militants anarchistes, bref une multitude de casseurs plus ou moins délinquants ou plus ou moins politiques.

Hier à Bruxelles on clairement pu voir que nos casseurs portaient l’uniforme des dockers. Dockers de Zeebruge et surtout dockers d’Anvers. On a pu voir le drapeau rouge et noir qui est le drapeau des anarchistes. Le site Résistances.be identifie ce matin, photo à l’appui, des membres de l’extrême droite néerlandaise infiltrés parmi les casseurs.

Les casseurs habituellement ne sont pas appréciés des manifestants. En provoquant des troubles le casseur attire l’attention de la presse et ternit le message revendicatif, il " casse " l’image de la manifestation. On a même vu, en France des casseurs s’en prendre aux manifestants eux-mêmes pour dérober des appareils photos, des téléphones ou des portefeuilles. Plus il y a de casseurs, moins les médias relayent les revendications et plus la répression de la police sera justifiée. Un peu comme qui le casseur de grève, le casseur, est avant tout un casseur de manif.

Fabrice Grosfilley

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