Le mot du jour : "Ajustement"

Fabrice Grosfilley
Fabrice Grosfilley - © RTBF

Ajustement : action d'adapter une chose à une autre. Dans quelques jours le gouvernement entre dans une période d'ajustement budgétaire. Comprenez qu'il ajustera son budget en mettant face à face les prévisions budgétaires, celles faites au moment de l'accord de gouvernement, et la réalité budgétaire, celle qu'on observe mois après mois dans les caisses de l’État.

Autant vous le dire tout de suite, l'ajustement ne sera pas de tout repos. On aura demain les chiffres du Comité de monitoring, mais le ministre du Budget Hervé Jamar annonce déjà au journal Le Soir qu'il faudra chercher près d'un milliard.

A elle seule la Sécurité sociale présente un trou d'1,3 milliard, dont une belle boulette de la Sécu qui a oublié d'ajuster le nombre de pensionnés comme le révélait hier la RTBF. Rayon bonne nouvelle : l'absence d'inflation qui permet de maintenir les dépenses à un niveau inférieur aux prévisions.

L'ajustement c'est donc la correction. Cela nous renvoie à l'idée d'un réglage fin. En mécanique lorsqu'on ajuste une pièce on joue sur le degré de serrage. L'ajustement budgétaire c'est donc la précision de l'horloger, indolore, alors que la coupe budgétaire nous paraît nettement plus douloureuse. D'ailleurs on a longtemps parlé de contrôle budgétaire. Ajustement, contrôle c'est la même chose, l'emploi d'un mot plutôt qu'un autre permet de communiquer de manière plus positive.

Il y a dans ajustement le souci du beau. L'ajustement d'un tableau c'est la disposition des éléments. Le terme peut aussi désigner la finition, les derniers détails, la touche finale. L'ajustement d'un homme ou d'une femme, ce sont ses vêtements, sa parure, les accessoires qu'il ou elle porte. Lorsqu'on ajuste un drapé, on s'assure qu'il tombe bien. Ajuster a donc une certaine ambiguïté : il s'agit à la fois de se conformer à la réalité et en même temps de rendre plus élégant. Quand on parle de budget il ne faut pas confondre ajuster et maquiller.

On notera que le Fédéral n'est pas le seul à devoir ajuster son budget. La Fédération Wallonie-Bruxelles entre aussi en période d'ajustement. On recherche là 150 millions d'euros. Avec une différence notable qui est liée à l'orientation politique. Jusqu'à présent en période d'ajustement on jouait sur deux paramètres : les recettes et les dépenses. La coalition suédoise, en mettant un coup de barre à droite et en tenant un discours anti-fiscalité, ne peut jouer que sur les dépenses. Ajustement signifie donc économies.

Fabrice Grosfilley

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