Le départ de Laurette Onkelinx peut-il sauver le PS et Elio Di Rupo?

Bertrand Henne
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L'annonce du départ de Laurette Onkelinx est un tournant pour le PS. Beaucoup d’observateurs pensent que le départ de ce poids lourd du parti met la pression sur Elio Di Rupo et le pousse vers la sortie. C'est sans doute aller trop vite. À court terme, le choix de Laurette Onkelinx pourrait même le renforcer.

Premièrement, revenons sur les raisons de son départ. Il y a d’abord son affaiblissement politique personnel, après sa gestion de l’affaire du Samusocial, sa proximité avec Yvan Mayeur. Il y a sa longévité au pouvoir qui fait qu’elle a toujours eu des difficultés à incarner une opposition crédible face au gouvernement Michel. Il y a une forme de ras-le-bol personnel face au climat ambiant, face au dégagisme et aux coups de Benoît Lutgen. Enfin, il y a le signal clair qu’Elio Di Rupo ne partirait pas avant 2019, et donc que la présidence du parti ne serait pas ouverte. Avec les mauvais sondages en plus, n’en jetez plus.

Toutes ces raisons mises bout-à-bout l'ont sans doute convaincue que les belles années de sa carrière politique étaient derrière elle. Restait à donner à cette sortie une allure de sacrifice pour son parti. Ce qu’elle a fait, en ne démissionnant pas, mais en annonçant un retrait total en 2019 et un effacement d’ici là. 

2019 devient une date butoir pour Elio Di Rupo

Jusqu’en 2019 peut-être bien que oui. Quand elle dit place aux jeunes, elle met la pression sur Elio Di Rupo, c’est vrai. Et puis, Di Rupo-Onkelinx c’est un duo. A un moment donné, ça été un trio avec Paul Magnette. La crise et le souffle du décumul a soufflé. Paul Magnette est en retraite stratégique, Laurette Onkelinx en pré-retraite politique et évidemment, le dernier homme du trio, Elio Di Rupo est sous pression. Mais, son sacrifice c’est pour 2019. 2019 devient quasiment une date butoir pour Elio Di Rupo.

Mais d’ici 2019, les pas de côté que les principaux barons du PS choisissent ou subissent (on peut rajouter Willy Demeyer qui s’est replié sur Liège) pourraient être bénéfiques au PS. Cela pourrait donc consolider le président Elio Di Rupo.

Autre raison, avec le départ annoncé de Laurette Onkelinx, le PS est symboliquement entré dans l’ère de la transition. Et cette transition sera compliquée, trop pour un jeune loup ou peut-être pour Paul Magnette qui ne fait pas consensus en interne. Beaucoup au PS pensent que l’idéal est de laisser Elio Di Rupo éponger les années difficiles qui se présentent pour laisser un parti repositionné en 2019. Le sacrifice de Laurette Onkelinx permet à Elio Di Rupo de repousser (un peu) le sien.

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