Le début de la fin du gouvernement Wilmès

Le début de la fin du gouvernement Wilmès
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L'union autour de l’exécutif de Sophie Wilmès craque de toute part. Il y a d’abord les critiques de plus en plus dures de la part des acteurs qui ont voté la confiance au gouvernement. Au sud c’est Maggie de Block qui en prend pour son grade, les autres partis PS, Ecolo, CDh, Défi et de plus en plus le MR ont beaucoup de mal d’encore associer leur image à celle d’un gouvernement dans lequel figure Maggie de Block. La ministre de la santé a été largement mise de côté, bypassée pour ce qui relève de la gestion logistique, ça n’empêche.

Au nord du pays c’est Sophie Wilmès qui est accusée de manquer de Leadership. C’est surtout la N-VA qui s’exprime mais au CD&V on ne la soutient même plus du bout des lèvres. Derrière Sophie Wilmès le MR tout entier est de plus en plus vu comme un parti qui profite de la crise pour s’accrocher au pouvoir, vivre d’une rente de situation. Ce matin dans le Standaard, l’éditorialiste Bart Brinkman écrit : Georges Louis Bouchez est plus détesté en Flandre que tout membre du PS. Vous avez bien entendu, dans ce journal de référence, on parle de détestation envers le nouveau président du MR.

Le déficit d’image au nord et au sud du pays se traduit clairement dans le refus de plus en plus de partis de prolonger les fameux pouvoirs spéciaux qui permettent au gouvernement d’avoir les coudées franches durant l’urgence sanitaire. Après la N-VA, Groen, le Spa, c’est hier le PS qui a précisé que, sauf rebond de l’épidémie, il n’y aurait plus de pouvoir spéciaux en juin. C’est désormais, et c’est aussi nouveau, le CD&V qui le dit. Le gouvernement Wilmès était provisoire. Il pourrait être plus provisoire que prévu. 

Plus de confiance ?

Reste que le gouvernement Wilmès garde la confiance votée par 9 partis (pas la N-VA). Cette question de la confiance doit se poser en septembre. C’était la promesse de Sophie Wilmès. Est-ce qu’elle se posera plus tôt dès le mois de juin ? La N-VA l’avait sous-entendu, mais pas clairement affirmé. Le PS a, selon "La Libre" citant Paul Magnette, franchit le pas hier. Contact pris, les socialistes resteraient plutôt sur la ligne de la confiance en septembre. Le point est à éclaircir.

Juin ou septembre, quoi qu’il arrive désormais, les discussions pour la formation d’un nouveau gouvernement vont reprendre. Elles vont reprendre dans un contexte totalement nouveau. Par contre la distribution des sièges à la chambre reste la même qu’avant. Les mêmes blocages vont ressurgir. En Flandre l’évidence c’est toujours que le PS s’allie à la N-VA. Pourtant au PS, Paul Magnette a été retourné par son bureau quand il a essayé cette formule en mars. La base du PS n’a pas changé, au contraire. Au PS j’entends beaucoup d’élus qui pensent que la montée en puissance du thème des soins de santé et de l’Etat protecteur est favorable aux socialistes et change le rapport de force en leur faveur. Ce qui veut dire rejeter plus que jamais la N-VA qui est (pour ces élus) en position de faiblesse.

Si les discussions n’aboutissent pas en septembre. On reparlera alors comme on le fait depuis un an de nouvelles élections. C’est dans quatre mois. Qui peut dire ou on en sera dans quatre mois ? Soyons clairs, personne. La fin du gouvernement Wilmès est dans l'air. Il doit mourir pour que naisse autre chose. Autre chose, mais quoi ? C'est une fin qui pourrait durer longtemps. 

 

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