Le Covid Safe Ticket, dernier rempart avant le "lockdown dû aux non-vaccinés" ?

Tic-tac, tic-tac. Dans moins de deux semaines, le 1er octobre, Bruxelles va basculer dans la société du pass sanitaire, du Covid Safe Ticket. Et si ça se trouve, Bruxelles n’ira pas seule. Il est plus que probable que Liège suive plus ou moins rapidement. Pas encore tout de suite par rapport au Covid Safe Ticket.

Il faut d’abord que la Région wallonne y consente : ça passe par un avis du RAG, le "Risk Assessment Group", puis par un accord au sein du Gouvernement. Mais on sait déjà que le ministre wallon de l’Économie, le libéral Willy Borsus, est favorable à l’élargissement du Covid Safe Ticket à l’horeca et à d’autres secteurs. Willy Borsus favorable, et donc, en contradiction, avec les propos du président du MR Georges-Louis Bouchez qui twittait, par exemple le 8 septembre : "Un gouvernement MR ne l’appliquera pas".

Ou encore fin août : "Jamais de pass sanitaire dans un gouvernement où le MR est présent." Mais la Wallonie et Liège ne peuvent faire de l’idéologie en ce moment.

Chiffres alarmants

Parce que les chiffres de la province sont alarmants. Les derniers en date, ceux de samedi, montrent un taux de positivité de 9% quand la moyenne belge est de 5%. 15% des lits d’hôpitaux liégeois en soins intensifs sont occupés par des patients Covid. Et ça risque de s’aggraver : le taux de reproduction du virus, à Liège, est de 1,117, le plus haut du pays. C’est une estimation, mais elle inquiète. Bref, ce matin, la cellule de crise de la Province de Liège va se réunir.

En plus d’avoir déjà retoqué les assouplissements présentés par le Codeco, le comité de concertation, vendredi, comme la disparition du masque, la Province va prendre des mesures supplémentaires. Ces mesures, cette dernière les prend sous des pressions très fortes du fédéral.

Vous avez peut-être vu la conférence de presse vendredi, où Alexander De Croo a beaucoup parlé de Bruxelles, de façon sévère. Il n’a en revanche rien dit sur Liège. Ce qui est étonnant. Parce que dans les notifications, c’est-à-dire le texte de l’accord du comité de concertation, Liège est citée. Le Codeco appelle explicitement à "des mesures supplémentaires", à aller piocher dans une "toolbox", une boîte à outils de gestion des épidémies. On peut s’attendre à une limite dans les rassemblements, peut-être une obligation de télétravail. En attendant le CST, le Covid safe ticket.

De quels outils dispose-t-on ?

Quels sont les outils à la disposition des autorités ? Il y a la vaccination, imparfaite dans la capitale et par endroits en Wallonie. On pourrait rajouter l’obligation vaccinale par profession, comme pour les soins de santé. Mais chez nous cela prend plusieurs mois, alors que l’Italie, par exemple, l’a décrété au printemps. Il y a la sensibilisation, au sens large, qui n’a pas marché. Il y a le CST. Il y a des fermetures ciblées : mais plus personne n’a envie de fermer quoi que ce soit. Il y a le lockdown, ce qui serait le "lockdown dû aux non-vaccinés" pour utiliser l’expression du docteur Philippe Devos, le chef des soins intensifs du CHC de Liège.

Et il y a enfin l’obligation vaccinale pour l’ensemble de la population. En tout cas, celle-ci est brandie dans le débat concernant le Covid Safe Ticket. Quitte à forcer les gens non-vaccinés à se faire tester plusieurs fois par semaine pour bénéficier d’un Covid Safe Ticket, autant rendre la vaccination obligatoire. Sauf que ce n’est pas si simple.

Prenons le cas de l’Italie. La Botte a annoncé l’instauration du pass pour aller travailler, histoire de booster la campagne de vaccination qui avait tendance à ralentir. L’Italie a une situation épidémiologique bien meilleure que la nôtre. Et là-bas, le président du Conseil, c’est-à-dire Premier ministre, a été très clair. Pour Mario Draghi, oui, on peut parler de la vaccination obligatoire contre le covid. Mais pas tout de suite : seulement lorsque l’agence européenne des médicaments aura définitivement validé les vaccins. Pour le Moderna, ça signifie au plus tôt octobre 2022 et pour le Pfizer, au mieux mai 2023 [la validation conditionnelle dont bénéficient les vaccins ne signifie pas que les vaccinés sont des "cobayes" comme expliqué ici]

Actuellement, vous ne trouvez que 3 pays au monde à avoir rendu le vaccin obligatoire : le Vatican, le Tadjikistan et le Turkménistan. Ce débat sur l’obligation vaccinale généralisée, il est virtuel, théorique, limite philosophique. On peut détester, à raison, la société du pass sanitaire, le précédent qu’elle crée. Mais on a vu en Italie, un doublement des rendez-vous pour la vaccination. En France, aussi, il y a eu un effet pass sanitaire.

Il est à espérer, pour Bruxelles et peut-être pour Liège, qu’un effet similaire s’observe lorsque la communication sera enfin à la hauteur des enjeux. Pour que le plus rapidement possible on se débarrasse du pass.

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