Le compromis serait compromis

Le compromis serait compromis
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Comité de Concertation, Groupe des 10... la Belgique a une longue tradition de négociation tant politique que sociale pour apaiser les conflits. Le consensus a été érigé en vertu cardinale. Ce modèle tient-il encore la route?

On le serine, parfois à la façon d’ une comptine enfantine comme pour se rassurer les jours de vents mauvais : la Belgique est un pays de compromis où on finit par s’entendre et tout s’arranger.

Compromis en test

Ces 15 dernières années, la Belgique a même érigé le compromis au rang des beaux-arts : socialistes et libéraux ont gouverné ensemble pendant 15 ans et le dernier gouvernement Di Rupo reprenait même toutes les familles politiques et s’était même ouvert aux écologistes pour la réforme de l’Etat !

Consensus et compromis en maîtres-mots.

A l’inverse, un seul parti a construit son succès contre cette culture permanente du compromis qui a forgé la Belgique depuis 1830, entre laïcs et catholiques, entre gauche et droite, entre francophones et flamands, entre patrons et syndicats : la N-VA.

Les nationalistes ont également rendu le consensus responsable de tous les maux de la Flandre ; il fallait y mettre fin. La N-VA a construit toute sa campagne dans cette perspective et lui doit son succès. Dans la foulée, elle a pu mettre sur pied les gouvernements qu’elle souhaitait : de droite et (très) flamand. Le programme du gouvernement fédéral s’en ressent et n’offre jusqu’ici guère de compromis même si Charles Michel en tête, le gouvernement se dit prêt à la discussion.

La reprise des comités de concertation et l’aboutissement espéré (?) du groupe des 10 constituent de ce fait un véritable test pour la pérennité du "modèle belge".

Quelle concertation ?

Patrons et syndicats semblent avoir compris qu’ils avaient intérêt à se mettre d’accord sous peine de voir le gouvernement fédéral les mettre au pas et imposer ses vues. Ils ont testé : le gouvernement Michel n’a pas remis en cause le premier accord sur les fins de carrière de décembre qui pourtant revenait sur certaines décisions gouvernementales.

Cela semble plus compliqué pour la concertation entre les gouvernements tant la rivalité entre socialistes, CDH d’une part et nationalistes, libéraux d’autre part est grande, le CD&V se retrouvant tiraillé tant au fédéral qu’au niveau flamand. A l’inverse, la discussion entre Geert Bourgeois, ministre-président N-VA et ses homologues PS paraissent plus sereines.

Tous ces malaises risquent de peser dans le fonctionnement futur des institutions du pays. Au point de le bloquer ?

 

Philippe Walkowiak

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