Le choix existentiel du VLD

Le choix existentiel du VLD
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Paul Magnette, informateur royal, a pris (reçu) la main. Et pendant ce temps, les débats font rage au VLD. Ce matin un ténor du VLD, Mathias De Clercq, brise le silence. Il plaide pour une alliance avec les socialistes et les verts. Il va à l’encontre des positionnements entendus jusqu’ici de la part de son parti, où l’alliance avec la N-VA est privilégiée. Pour rappel, le VLD peut faire basculer la négociation. Il peut choisir une coalition avec N-VA la "violette jaune" qui dispose d’une majorité confortable. Où alors la fameuse "violette verte" ou "Arc-en-ciel", qui est une coalition extrême : socialistes, libéraux et écologistes ont ensemble 76 sièges (1 siège de majorité). On pourrait y ajouter les 5 sièges du cdH en soutien extérieur (voire les 2 de Défi). Problème cet Arc-en-ciel n’aurait que 29 sièges en Flandre, ce qui est une nouvelle Kamikaze.

Malgré cette tare de naissance, Mathias De Clerq plaide pourtant résolument pour une alliance entre les libéraux, les socialistes et les verts. Ce faisant, il rompt avec les positionnements des principaux ténors du parti. Il y a donc un risque de schisme chez les libéraux, c’est d’ailleurs le titre pleine page du Standaard ce matin. Mathias de Clerq, c’est l’étoile montante au VLD. Petit Fils de Willy De Clerq, figure des libéraux flamand, il a pris le mayorat de Gand grâce à une alliance VLD-GROEN-SPA-CD & V.

Plaidoyer

Que dit-il dans cette carte blanche ? D’abord que la N-VA ne veut pas aller au pouvoir avec le PS de peur de se faire déborder par le Vlaams Belang. Que le PS ne veut pas de la N-VA de peur du PTB. Pour lui cette option est donc morte. Mais, c’est de toute façon une mauvaise idée dit-il. Car cette coalition serait une coalition de l’impuissance. La N-VA gouvernerait sur base de symboles, de trophées, notamment sur l’immigration. S’ils se sentent menacés, les nationalistes n’hésiteront pas à quitter le gouvernement pour prouver que le fédéral ne fonctionne pas.

Bref le VLD, dit De Clerq, doit arrêter d’être le pare-chocs électoral de la N-VA, ce qui déroule le tapis rouge a l’extrême droite. Il plaide donc pour un Arc-en-ciel avec une majorité de 76 sièges. C’est démocratique dit-il et tant pis pour la minorité en Flandre. La N-VA a elle-même fait le constat que gouverner avec une minorité dans un groupe linguistique était possible lors de la précédente législature.

Mathias De Clerq souhaite que le VLD choisisse l’axe progressiste par conviction, comme en 99. Et il ébauche un programme : augmentation des allocations sociales les plus basses, une fiscalité plus juste qui taxe moins le travail, un plan climat et de lutte contre la pollution de l’air.

Rupture ?

Quelle sera l’influence de ce plaidoyer ? Difficile à dire. Ce point de vue est en tous les cas loin d’être majoritaire. Mais il ouvre un débat existentiel chez les bleus : faut-il choisir une ligne plus progressiste (à la Verhofsadt) ou une ligne plus droitière à la Alexander de Croo ? Cette question va agiter le VLD en pleine phase cruciale de la négociation. 

Mais elle va aussi agiter la campagne électorale interne pour la présidence du parti prévue au printemps. C’est très certainement l’horizon de Mathias De Clerq. Ceci veut dire que ce débat de fond risque de ne pas être tranché avant des mois. Or le tout frais informateur royal Paul Magnette n’aura pas tout ce temps. Il peut toujours aller se réfugier dans la lecture de Jean Jaurès qu’il apprécie tant. Voici ce qu’il dit à propos de la patience :

 “L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.”

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