La vie des abeilles

La vie de
La vie de - © Tous droits réservés

De temps en temps, on se demande quelle est la nouvelle nouvelle. Tenez. Hier, le coucher du soleil nous avait surpris avec cette information comme quoi le frelon asiatique aurait franchi nos frontières et s’occuperait au printemps revenu de décimer nos abeilles.

Car le frelon d’Asie se nourrit d’ouvrières, c’est son moindre défaut. Il monte la garde devant les ruchers et ne fait pas de prisonnières. A n’en pas douter, ça, c’était une nouvelle.

Le matin levé nous en apprit bien d’autres et qu’entre autres choses les négociations étaient bloquées, je parle des nôtres, de cet affolant feuilleton où les voitures de société bloquent le char de l’Etat et où les classes moyennes se définissent aujourd’hui par « ceux qui travaillent », car l’emploi est moyen chacun sait ça et chacun pour soi. Au moins cela : que la classe moyenne disparaisse désormais derrière la classe laborieuse était aussi une nouvelle. Le reste était une habitude...

On apprit également ce matin que les Espagnols avaient élu quelqu’un de droite mais, à vrai dire, on avait la tête ailleurs : l’on se demanda plutôt ce qu’ils avaient encore ces Espagnols à imaginer que le suffrage universel pût encore avoir une quelconque utilité quand les Italiens et les Grecs ont compris depuis belle lurette, au moins deux semaines, que le miracle résidait dans les spécialistes et les experts : des technocrates non élus, de préférence anciens banquiers.

Car il faudrait pour résoudre la crise financière— qui ne va pas toute seule, mais qui va avec toutes les autres crises et qui est la mère de toutes les autres crises — appeler des financiers, ayant de préférence presté chez Goldman Sachs, mère financière de toutes les autres banques.

C’est un peu comme si, considérant qu’il y avait trop d’accidents de voitures dans notre pays de bonne humeur et qu’il fallait mettre le holà à cette hécatombe handicapant l’économie, on confiait les clés du gouvernement à Jérôme d’Ambrosio. Ah ça, en voilà un qui saurait conduire la voiture de la société !

C’est pour cela que l’on s’est dit que les résultats d’élections n’étaient même plus une nouvelle nouvelle, mais une nouvelle ancienne. La nouveauté, aujourd’hui, c’est de regarder mourir doucement la démocratie, en la confiant à des personnes spécialisées, même plus à des idées. En abolissant la parole des peuples ou, au mieux en la contingentant dans les rues.

Alors, on s’est dit : peut-être bien après tout que les abeilles d’hier étaient une métaphore. On ne sait pas bien pourquoi les abeilles disparaissent. Ou plutôt si : on dit  que c’est multifactoriel. Il y avait les pesticides, les virus, les parasites, les champignons, les OGM même peut-être et maintenant les frelons asiatiques. Des frelons qu’on ne connaissait pas, qui s’installent sans qu’on le veuille et qui désormais motnent la garde devant les ruches en attendant que sortent les ouvrières. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.

 

Paul  Hermant

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK