La Vice-Valdi

La Vivaldi passe un nouveau cap, la désignation d’un duo de formateurs pour tenter d’avoir enfin un gouvernement fédéral au premier octobre. Il est possible qu’une dynamique s’installe enfin. Mais il pèse un risque majeur sur la Vivaldi, être mal née. Une coalition pétrie de vices de constructions. Une vice-valdi.

On peut toujours se dire que c’est mieux qu’une vide-valdi, mieux que le vide du pouvoir que l’on connaît actuellement. Une vice-valdi c’est le risque que les tourments de la négociation perdurent après, comme une tare, comme une anomalie congénitale. Que tout cela débouche sur une coalition claudicante, secouée par les querelles d’ego de certains, stigmatisée par la recherche de trophées de tous, balafrée par le court termisme.

Bien sûr ce n’est qu’un risque. Les participants à cette future Vivaldi peuvent aussi se retrouver entraînés par une dynamique. C’est ce qu’ils espèrent. Ils peuvent même espérer que cette dynamique puisse, dans un monde ou un tweet chasse l’autre, faire oublier cette année et demi. La dynamique est possible, c’est une option.

EGO SUM QUI SUM

Le premier risque de vice est autant politique que psychiatrique. Les querelles d’ego, les combats de fauves entre le MR et le PS mais aussi entre le CD&V et le VLD. Ainsi la nomination du duo Magnette-De Croo par le Palais a été validée par seulement 5 partis. Les écologistes, les socialistes et le VLD. Le CD&V d’après une source solide, ne voulait pas d’Alexander De Croo. Les chrétiens démocrates ont été mis au courant et n’ont pas donné leur accord sans toutefois s’y opposer. Le Standaard écrit lui carrément que le CD&V a été mis devant le fait accompli. C’est encore pire pour le MR (c’est confirmé à plusieurs sources) Georges Louis Bouchez a dit non à la nomination de Paul Magnette, pourtant président du plus grand parti de la coalition. Une heure plus tard il découvre que le Palais l’avait tout de même choisi, forçant ainsi la main aux libéraux. Au-delà de la psychiatrie se joue la rivalité politique entre PS et MR. Si les partis restent des adversaires et n’arrivent pas à devenir des partenaires ce sera le principal vice de construction de la Vivaldi.

L’autre risque est purement politique. Ce sont ces fameux trophées. Autrement dit des marqueurs pour chaque parti. C’est assez logique que chaque acteur pointe des éléments qui justifient sa participation. Mais ces marqueurs symboliques sont pour l’instant encore très flous. Ils laissent encore beaucoup de place à l’interprétation. Autant de foyers de futures crises possibles.

Les socialistes évoquent par exemple la pension à 1500 euros (mais sans dire si c’est Brut ou net). Ils parlent aussi de taxe sur les super riches, mais dans le même temps les libéraux expliquent qu’il n’y aura pas d’impôt sur le capital et les plus values. Les libéraux ont fait inscrire la phrase : pas d’impôts nouveaux comme trophée, mais les autres ont fait inscrire la phrase sauf dans le cadre des discussions budgétaires. Or les nouveaux impôts se décident presque toujours dans le cadre des conclaves ou face au besoin, il faut augmenter les recettes.

Enfin Ecolo obtient que la loi de sortie du nucléaire qu’il a fait voter il y a quasiment 20 ans soit maintenue. Mais le texte insiste aussi sur la sécurité d’approvisionnement. En cas de menace de pénurie, la prolongation restera une option puisque le texte ne prévoit pas explicitement et impérativement une sortie en 2025.

Certains de ces points trouveront peut-être des éclaircissements dans les prochains jours, mais il y a fort à parier que certains vont devenir des vices de construction.

Perdant-perdant

Si le gouvernement est à l’image de cette formation, ce sera un fiasco total. Pire que la Suédoise qui pourtant avait déjà fait très fort en la matière. Minée en particulier (mais pas seulement) par le souci de revanche du CD&V et le mépris de la N-VA pour ses partenaires. Si le climat actuel perdure, ce sera une aventure perdant-perdant ou le seul mérite de l’un sera d’avoir entraîné l’autre au fond avec lui. Sauf s’il y a une prise de conscience qu’il existe un intérêt commun entre ces partis. Et cet intérêt commun n’est pas du tout certain…


 

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