La Sécurité à petit prix

La Sécurité à petit prix
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Alors que le gouvernement fédéral a l'intention de prendre des mesures pour renforcer la sécurité, aussi bien les policiers que l'opposition lui rappellent que les moyens de la police et de la justice viennent d'être sérieusement raboté par le tout nouveau budget 2015.

C’est un peu le propre de bon nombre de projets ou de décisions du gouvernement fédéral : faire mieux ou plus avec moins…

On connaît le cas de la SNCB censée être plus performante avec un budget réduit de 2 milliards, ou de la Justice qui n’a plus les moyens de payer ses fournisseurs ou les salaires des magistrats.

Priorité sécuritaire

La déclaration gouvernementale d’octobre dernier s’étend assez longuement (p.143 sv) sur la lutte contre le radicalisme et pour la première fois le djihadisme est nommément évoqué dans un texte fondateur d’une coalition gouvernementale.

On y retrouve pêle-mêle la dissuasion au départ, le renforcement de la loi de 1979 qui interdit de combattre à l’étranger, retirer la nationalité ou interdire l’accès au territoire à certains étrangers, un suivi accru de ce qui circule sur internet voire même sanctionner les communes réticentes à pratiquer la radiation administrative.

Comme à chaque fois, il est également question de mettre "plus de bleu en rue" (p.134) et il est aussi prévu de déployer l’armée dès le niveau 3 d’alerte terroriste.

Mais pas un mot sur les moyens…

Priorité budgétaire

Lors des débats à la Chambre, l’opposition a longuement cherché les chiffres qui soutenaient ce programme gouvernemental. Ceux-ci ont fini par arriver et il est alors apparu que tous les services publics seraient mis à la diète, justice et police également. Les syndicats de policiers ont beau jeu aujourd’hui de dénoncer le fait que le gouvernement rabote d’un côté les frais de fonctionnement de la police de 20% tout en ayant la volonté de confier des missions supplémentaires au point de dire que si le niveau d’alerte n’est pas à 3 c’est essentiellement pour des raisons budgétaires, la Belgique n’ayant pas les moyens de se payer les missions supplémentaires.

Le budget de l’organe anti-terroriste OCAM a lui aussi été réduit pour 2015 alors que cet organisme est au centre du dispositif gouvernemental. L’opposition place le fédéral face à ces contradictions.

Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V) en est réduit à espérer que le contrôle budgétaire de mars revoie les 4% d’économies à réaliser dans son département. Avec plus d’un milliard d’efforts supplémentaires à réaliser, ce n’est pas garanti.

Le gouvernement fédéral entend démontrer qu’il agit, qu’il prend la mesure de la menace. Il lui reste à prouver qu’il en a les moyens.

 

Philippe Walkowiak

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